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Et si la DS 9 était à côté de la plaque ?

Comme beaucoup d’entre vous, on a assisté hier à la présentation de la DS 9. DS, c’est l’allégorie de l’automobile à la française, qui fleure bon l’authenticité, l’excellence, l’audace… Puis finalement, au fil de la présentation, on a comme un goût d’inachevé. Bien sûr, il faut passer le fait que la nouvelle berline DS ressemble à la Peugeot 508. Rien de plus normal puisqu’elle repose sur la base de la version à empattement rallongée (508L) de la berline au lion ! Toutefois, plusieurs éléments nous ont interpellé… Et vous aussi ! Et si DS n’avait pas pris la bonne direction ?

La berline : un choix statutaire… mais complexe

Quand on parle de voiture raffinée, les références ne manquent pas. Bien souvent, il s’agit de prestigieux coupés, bien que les berlines ne soient pas en reste. Chez Citroën, par exemple, on a une très belle lignée de berlines mythiques. La dernière d’entre elles, la C6, a plu autant qu’elle a déplu. Pourtant, c’est un modèle statutaire, qui a fait preuve d’audace, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, sans tomber dans le cliché du néo-rétro « abusif ».

DS joue à fond la carte des symboles français… Mais la DS 9 demeure fabriquée en Chine !

Fatalement, et même si DS est dissociée de Citroën, on ne peut s’empêcher d’assimiler la DS 9 fraichement présentée comme une descendante de la Citroën C6. D’ailleurs, pour présentée la DS 9, la marque a créé une « émission » vantant les atouts de la dernière née. Les arguments et les intervenants s’enchainent, en esquivant tous les points sensibles. Ce manque d’objectivité ne convainc pas vraiment. Mais comprenons ce qui cloche avec la DS 9. En regardant les commentaires, notamment sur les réseaux sociaux, les critiques sont particulièrement acerbes à l’égard de la DS 9. Est-ce justifié ?

Il y a encore vingt ou trente ans, une routière symbolisait l’excellence, le raffinement et plus ou moins la réussite ! Prenons l’exemple de la Mercedes Classe S… Ou bien celui de la Citroën C6, dans un autre registre. De nos jours, les SUV ont progressivement gagné du terrain. Les grandes berlines se vendent assez mal et sont moins recherchées. Renvoient-elles une image désuète ? Grimpe-t-on dans l’échelle sociale au même titre que dans un SUV ? Toujours est-il que DS, avec son DS 7 Crossback, n’avait pas pris trop de risques. La DS 9, quant à elle, laisse perplexe.

Un design trop conventionnel ?

Quand on regarde la DS 9, il est assez difficile de ne pas y voir la Peugeot 508L. Le profil est hautement similaire et certains artifices (comme les poignées de porte affleurantes) mis en place par DS, parviennent à peine à réfréner cette impression. À l’avant, on retrouve une calandre particulièrement large, plutôt jolie, qui s’apparente à un très gros bijou. L’ensemble est d’ailleurs assez clinquant avec beaucoup de chromes, de jeux de matières. Le pare-choc est ajouré et renvoie quant à lui une image plutôt sportive. Difficile, cependant, de ne pas faire le rapprochement avec Audi au niveau de la forme de la calandre… Marcher dans les platebandes des allemandes n’implique pas d’en reprendre autant de symboles.

La DS 9 reçoit aussi un trait curieux trait chromé qui parcourt le capot. Le clin d’œil à la Citroën DS de 1955 est directement perceptible… Mais le rendu général en pâtit. La DS 9, sans être laide, n’a pas réellement de traits audacieux. Le style se veut au contraire très conventionnel, avec des ajouts de chrome et des clins d’œil néo-rétro qui manquent de subtilité.

Post-production : Astuce Productions

L’arrière confirme cette impression avec des traits assez neutres. Les feux, bien que texturés, sont relativement classiques. Là encore, des touches de chrome sont en place à la fois pour relier les feux, marquer la séparation entre la partie haute et basse de la malle et pour suivre la découpe entre la carrosserie et le pare-choc arrière. Toujours pour perdurer l’aspect néo-rétro, on note la présence de cornets en haut de la lunette arrière. Là encore, c’est pour rappeler la DS originelle. Mais objectivement, on se pose la question de l’intérêt esthétique réel de ces éléments. DS a-t-elle oublié d’innover, de surprendre ?

Un intérieur chic, à la hauteur des espérances

À bord de la DS 9, on découvre un intérieur habillé de cuir. Les sièges « bracelets » sont de la partie, avec une belle place accordée aux écrans. C’est moderne, bien dessiné… Mais là encore, cela manque clairement de folie et d’audace. Si le volant mono-branche des Citroën DS paraît désuet, on ne peut que regretter un manque d’originalité générale. Heureusement, les finitions semblent très belles, la dotation très riche et divers détails viennent renforcer l’aspect luxueux.

Post-production : Astuce Productions

D’ailleurs, le pari d’intégrer la catégorie premium semble rempli ! La DS 9 arbore une montre B.R.M. sur la planche de bord, offre un grand choix de personnalisation et adopte même un épais accoudoir central aux places arrière qui apporte une vraie valeur ajoutée. Notons d’ailleurs que plusieurs « inspirations » sont au programme. Bien vu !

Jusqu’à 360 chevaux

Une berline premium n’a sa légitimé que si les motorisations suivent. Ainsi, on retrouvera un moteur PureTech essence de 225 chevaux, déjà vu sous le capot de la Peugeot 508 actuelle. Surtout, des moteurs E-Tense (hybride essence-électrique) verront le jour. Le premier niveau de puissance offrira lui aussi 225 chevaux et même 250 pour le second. Néanmoins, un modèle E-Tense à transmission intégrale sera de la partie et atteindra les 360 chevaux. Un niveau de puissance élevé qui concernera aussi la future Peugeot 508 PSE ! À chaque, la boîte automatique EAT à huit rapports sera l’unique proposition.

Post-production : Astuce Productions

Un pari compliqué… mais pas insurmontable

La France a connu de nombreux constructeurs spécialisés dans la voiture de prestige. La plupart ont disparu aujourd’hui. DS pourrait bien porter les couleurs de la France dans le domaine du luxe. Mais le pari promet d’être compliqué. Déjà, la marque est assez récente depuis son divorce consenti d’avec Citroën. DS n’a pas encore l’image pour s’imposer, malgré de vrais efforts. Toujours est-il que la DS 9, qui s’étend sur 4,93 mètres, arbore un certain nombre d’équipements assez novateurs, comme les suspensions adaptatives qui scannent la route, la conduite autonome de niveau 2, l’accès à bord depuis son smartphone…

Pour s’imposer, il faudra donc perdurer les efforts. Le succès ou non de la DS 9 donnera certainement des indications précieuses sur la suite des événements. Actuellement, la gamme se compose des DS 3 et DS 7 Crossback, deux SUV de formats différents qui ont su cultiver leur différence. La DS 9 part avec un handicap de taille : sa catégorie qui séduira la clientèle chinoise… et moins l’européenne. Mais cela pourrait être aussi être sa force pour ceux qui voudraient rouler différent. Rappelons aussi qu’une image premium se construit au fil du temps… Laissons sa chance à DS… Même si cette DS 9 apparaît imparfaite. Témoin du savoir-faire à la française, la DS 9 sera fabriquée en Chine. Elle sera commercialisée dès le second semestre 2020 pour un prix encore méconnu. À suivre !

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

1 commentaire

  1. En même temps, moi qui apprécie beaucoup la 508, la DS9 m’inspire bien plus en terme de luxe et d’excellence « perçus »… donc je vote DS9 face à la 508 !

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