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Pourquoi la gamme Mitsubishi est-elle aussi déprimante ?

Il y a encore 10 ans, si vous interrogiez des passants sur Mitsubishi, ces derniers auraient certainement fait écho à la sportivité, au rallye… De nos jours, la marque japonaise n’est plus que l’ombre d’elle-même. La gamme, restreinte à cinq modèles seulement, a mis au placard toute notion de plaisir et de sportivité. Cela n’empêche pas l’Outlander PHEV d’atteindre des volumes de vente record, notamment au Canada. A-t-on des chances de revoir des modèles moins déprimants dans la gamme ? Quid de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ?

Mitsubishi aujourd’hui

Sans être une mauvaise voiture, la Mitsubishi Space Star n’apporte rien par rapport à ses concurrentes.

Si vous vous rendez dans une concession Mitsubishi, vous y découvrirez la Space Star. Autrefois, c’était le nom d’un monospace. Depuis 2012, c’est une mini-citadine très sage, déjà deux fois restylée, qui ne développe qu’une puissance maximale de 80 chevaux. La Colt Ralliart, produite quelques années avant, permettait d’afficher 180 et même 197 chevaux. Rien de tout cela maintenant où le rationnel a gobé la passion.

Les Mitsubishi Eclipse Cross (à gauche) et ASX (à droite) font doublon dans la gamme.

Le rationnel se poursuit avec l’Eclipse Cross, très peu répandu et pourtant vendu depuis 2017. Le moteur essence de 163 chevaux impérativement corrélé à la traction avant constitue la seule proposition. C’est fiable, efficace et classique mais pas vraiment « plaisir » malgré la silhouette de « SUV coupé » terriblement à la mode. À peine plus haut dans la gamme, il y a le Mitsubishi ASX, commercialisé depuis 2010, déjà quatre fois restylé, proposé avec un unique moteur essence de 150 chevaux, une boîte CVT et uniquement en traction.

Par élimination, le Mitsubishi Outlander PHEV est le modèle le plus excitant dans la gamme.

Il y a aussi le Outlander PHEV. C’est assurément un très bon véhicule, dont la réputation n’est plus à faire. Mais cette fois encore, c’est un véhicule qui s’appréciera davantage pour son confort et ses économies que pour le plaisir de conduite. C’est cependant le modèle le plus choyé par la marque puisqu’il propose trois finitions au choix mais un unique moteur hybride rechargeable (pour l’Europe) avec une puissance totale cumulée de 204 chevaux.

Malheureusement pour Mitsubishi, il n’y a plus d’avantage fiscal sur les pick-up en France…

Enfin, il y a le L200. C’est un pick-up très solide et bien construit, décliné en trois finitions et deux carrosseries (2 ou 4 portes) et avec un moteur diesel de 150 chevaux, avec une boîte automatique et la transmission intégrale. Lancé en 2015, la cinquième génération de Mitsubishi L200 a été restylée en 2018.

Pourquoi la Lancer Evolution a-t-elle disparu ?

C’est à la fin de l’année 2014 que la Mitsubishi Lancer Evolution X a disparu de la gamme. Deux versions ont alors été produites par la suite pour satisfaire les fans. La première a été la Finale Edition, produite à 1 600 exemplaires, qui se reconnaît à ses freins Brembo améliorés, ses amortisseurs Bilstein avec ressorts Eibach ou encore de belles jantes BBS. La puissance est cependant restée à 295 chevaux et 406 Nm de couple. Il y a eu avant cela un modèle nettement moins raisonnable : la Lancer Evolution FQ-440 MR qui atteignait les 446 chevaux grâce notamment à un kit turbo HKS. Seuls 40 exemplaires avaient été vendus pour le marché britannique. La Lancer Evolution est donc un modèle qui a marqué les esprits et qui continue de réunir une communauté de passionnés. Alors pourquoi avoir stoppé la production ?

La Mitsubishi Lancer Evo Finale Edition, produite à 1 600 exemplaires.

En 2017, lors de l’arrêt de production de la Mitsubishi Lancer (la version classique), la marque nippone a évoqué le souhait de se concentrer sur des modèles SUV. La Lancer Evolution est un modèle de niche et ce n’est certainement pas le plus rentable. Il va de soit que la demande est supérieure pour les véhicules « traditionnels ». Dernièrement, la stratégie de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a redéfini de grandes lignes directrices. L’objectif, c’est de mutualiser les compétences et d’exploiter le savoir-faire des trois marques. La marque au losange poursuivra ses recherches sur la voiture connectée, les systèmes électroniques et les moteurs électriques pour les « petites » voitures. Nissan continuera ses avancées sur la voiture autonomes et le futur du moteur électrique. Quant à Mitsubishi, ce sont les moteurs hybrides rechargeables pour les véhicules de gammes moyennes et supérieures qui seront en développement.

De là, on comprend assez vite que la Mitsubishi Lancer Evolution n’a plus sa place. Le virage vers l’électrique qui s’amorce au sein du groupe ne mise plus vraiment sur la voiture sportive à moteur thermique. Par ailleurs, les trois marques prévoient de développer 50% de modèles communs dans les prochaines années. Cela ne laisse donc – en théorie – pas de place pour le retour de la berline sportive de Mitsubishi.

Les rumeurs d’une Lancer Evo XI

Depuis que la Mitsubishi Lancer Evolution X a définitivement quitté le marché, des rumeurs font régulièrement écho d’une nouvelle génération de la berline sportive de la marque. Dès 2018, il y aurait eu la confirmation d’une nouvelle génération à moteur hybride diesel. Cela n’a jamais vu le jour. D’autres rumeurs parlent d’une nouvelle Lancer Evo sur base Renault Sport. Toujours est-il que cette solution manque cruellement de pertinence, d’autant plus que le constructeur souhaite intensifier le développement de véhicules hybrides rechargeables… Et non de pas renouer avec son image sportive d’avant.

Aussi triste que cela puisse paraître, une nouvelle Mitsubishi Lancer Evolution nous semble assez peu probable. À moins d’une adaptation audacieuse d’un ensemble hybride essence… Mais à quoi bon ? Mitsubishi s’est forgée depuis quelques années l’image d’une marque où le rationnel a pris le pas sur la passion. À quoi bon « revenir en arrière » pour des parts de marché sporadiques ? D’autant plus que les volumes de vente de la marque ne permettent pas d’affirmer qu’il s’agit d’une erreur de stratégie, si on prend du recul et qu’on ne pense pas « passion ».

En attendant, la Mitsubishi Lancer est toujours vendue à Taiwan, sous le nom de Mitsubishi Grand Lancer. Elle bénéficie exclusivement de moteurs de 140 chevaux. Rien qui n’augure une nouvelle génération… La stratégie de Renault, qui vise à réduire la gamme (avec la suppression des Scenic, Espace et Talisman) ne présage rien de bon pour les modèles sportifs au sein de l’alliance.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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