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Renault Arkana : le débarquement en Europe d’un modèle… français

Pendant des mois et des mois, Renault nous narguait et voulait réserver son chouette SUV coupé au marché russe. Évidemment, tous les prospects ont marché. Et là, parce que nous avons été tant de personne à leur demander, la marque au losange décide de nous faire grâce de leur Arkana. Génial, me direz-vous. Très honnêtement, oui. Parce que, quitte à voir des crossovers à tous les coins de rue, autant qu’ils ne ressemblent pas comme deux gouttes d’eau.

Un Arkana ? Non, un Mégane-Talisman-Captur-Clio.

En gros, le meilleur vendeur Renault nous dira que l’Arkana mélange le meilleur de la gamme actuelle. Il va sans dire que le designer actuel, Laurens Van den Acker, ne s’est pas trop foulé pour le coup. La face avant reprend beaucoup de traits à la compacte Mégane IV, ayant été reliftée il y a peu. C’est loin d’être un défaut, mais un peu d’exclusivité sur un modèle exceptionnel n’aurait pas été de refus. Nous ne pourrons compter que sur des visuels de la version RS Line pour le moment, et nous remarquerons donc la partie basse du pare-choc en guise de signature. En bref, la folie n’est pas présente sur son visage. Il en va de même pour le profil, qui fait un poil sportif, mais présente une garde au sol bien supérieure au seuil d’une bagnole dynamique. C’est donc un échec, en tout cas sur la version RS Line. Reste les grandes jantes de 17 ou 18 pouces, proposées avec une touche de rouge sur la version typée sport.

L’arrière ne va pas être mieux complimenté. En 2015, les Talisman et Mégane IV (encore une fois) épataient la galerie avec une signature lumineuse du futur. Renault s’est peut-être dit que nous ne ferions pas attention que tout cela s’est passé il y a 5 ans. Depuis tout ce temps, d’autres marques comme Peugeot, mais aussi Kia (avec sa ProCeed), et même Toyota (Corolla 2019) ont avancé leurs pions dans la course au plus beau cul. Alors, franchement, avec les facelifts tout frais des Mégane et Talisman, on s’attendait quand même à avoir autre chose qu’un copié/collé de la signature lumineuse de Talisman 2015. Même si cette dernière en impose, sur une version RS Line, je trouve qu’elle vient calmer le jeu de séduction de cet Arkana. On oublie le petit becquet noir laqué, on oublie les (fausses, mais on a l’habitude) canules d’échappement… On y voit juste une Talisman surélevée, et c’est vraiment dommage.

Un intérieur cosy et sportif à la fois, mais déjà vu…

Habitacle Renault Arkana R.S. Line

Lorsque la Renault Clio V a été dévoilée, nous avions plus été touché par son évolution intérieure qu’extérieure. La qualité perçue, une fois que l’on monte à bord, mettait une réelle claque à la génération précédente de la citadine. Nous avions pu le découvrir pendant notre essai. Nous étions donc d’accord, à la sortie du Captur, que le design soit, en gros, identique à celui de sa petite sœur. Mais, quand le Renault Arkana débarque en Europe avec ses grosses dents, on se demande pourquoi on retrouve à 90% le même intérieur…

Du coup, nous ne nous y attarderons pas vraiment. Notons juste que le SUV Coupé du constructeur français proposera un bel espace aux genoux aux places arrière, tout en garantissant un volume de chargement bien correct (513 litres), qui est amputé de 85 dm³ une fois que l’on choisit une version hybride… Merci les batteries dans le coffre !

Essence ou hybride, pas de diesel

Cherchons une nouvelle fois l’erreur. Renault est dans une passe spéciale actuellement, et se demande si le diesel est toujours une solution rentable pour ses véhicules. Avec la création des moteurs E-TECH, la plupart de leurs modèles sont électrifiés. La solution retenue sur l’Arkana est la même que sur la Clio : un moteur qui n’est à l’aise qu’en ville. En effet, son unité thermique n’est autre qu’un 1,6 litre essence développant à lui seul 90 chevaux. Les moteurs électriques auront donc un rôle de boost, et le tout semblera cohérent, en consommant peu et avec une utilisation douce. Cependant, les performances n’étaient déjà pas au rendez-vous avec la Clio, alors il ne faudra pas s’attendre à abattre du chrono au volant de son Renault Arkana.

Renault Arkana R.S. Line
VERSION RS LINE

Le problème des hybrides non-rechargeable, comme l’a si bien montré Toyota, c’est l’autoroute. La consommation se révèle dès lors désastreuse, surtout quand on a l’aérodynamisme d’une armoire normande. Du coup, le losange nous propose également deux unités purement thermiques : les 1.3 TCe 140 et 160 chevaux. Ils seront également électrifiés, mais très légèrement. Une unité 48 Volts viendra en effet au secours des 4 cylindres turbocompressés afin de réduire un peu les consommations. Là où est le vrai problème, c’est pour les gros rouleurs. Avec une carrure de ce genre, le Renault Arkana aura mieux fait d’embarquer une unité diesel. La clientèle typique de ce genre de véhicule tendra à faire quelques dizaines de milliers de kilomètres par an, et un BluedCi de 130 ou 150 chevaux aurait pu couvrir une plus large clientèle. Surtout quand on sait que le Captur a encore droit à une motorisation gazole…

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Etienne Deketele-Kestens

De la Smart à la Bentayga, je peux dire que je suis complètement obsédé par le monde automobile. Intégrer l'équipe de PDLV et pourvoir donner ma vision des nouveautés chaque jour est quelque chose de génial pour moi. Ma "carrière" de blogueur a débuté il y a quelques années, et ceci, cumulé à mes études en mécanique auto, me permettront de vous proposer un contenu de qualité, tout en gardant le côté décalé cher à PDLV. Je roule en Peugeot 308 HDI 92.

2 commentaires

  1. Vos critiques sont dures concernant un modèle qui ne devait pas être vendu en Europe (de l’ouest). L’Arkana était principalement dédié à la Russie, la Corée du Sud.. Ce modèle se devait accessible. La recette était donc de réutiliser les ingrédients qui avaient fonctionné sur les autres modèles, d’où un design extérieur proche et un intérieur semblable aux autres modèles de la gamme. Renault n’allait pas réinventer l’Arkana pour vous faire plaisir et ainsi augmenter son coût de développement. On reproche ce genre de chose à Renault alors que c’est une technique beaucoup utilisé par VW/Audi depuis bien longtemps mais ce sont des constructeurs allemands alors on ne critique pas. Rien que le design extérieur.. quand on entre dans une concession VW/Audi, c’est comme si on allait dans une boutique de vêtements, vous avez le même modèle, décliné en plusieurs tailles.

    Bref, tout ça pour dire que vous allez un peu loin, selon mon avis, sur ce point. Concernant les motorisations en revanche, je suis plutôt d’accord sur le fait qu’un BluedCi assez costaud pourrait être une bonne idée pour en équiper l’Arkana.

    1. Nous avons toujours eu un esprit critique mais nous disons aussi les choses quand elles nous paraissent bien. En revanche, nous ne faisons aucunement l’apologie des véhicules allemands, auxquels nous reprochons justement très régulièrement un sérieux manque d’audace.

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