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Je crois que la Twingo 3 n’est vraiment pas faite pour moi

Chère Twingo 3,

Lorsque tu as été présentée au salon de l’automobile de Genève, en 2014, tu m’as fait une première bonne impression. Ton côté concept-car, ta ligne qui évoque un petit peu celle des Renault 5 et ton regard mignon m’ont plu.

Mais pour être tout à fait franc avec toi, c’est surtout la collaboration avec Smart qui m’a séduit. Sur le papier du moins. Désormais, te voilà une propulsion. Et avec le moteur arrière de surcroît. Et là, forcément, je m’étais pris à espérer que tu deviennes la plus fun des citadines. La plus joueuse, la plus amusante.

Puis les années ont passé et nos routes ne se sont jamais croisées. Enfin, presque. Je t’ai bien vu à plusieurs reprises dans la rue. Et là, je t’ai trouvée un petit peu trop haute à mon goût. Lorsqu’une version GT est venue s’ajouter à la gamme, mon sang n’a fait qu’un tour. Puis un demi-tour puisque cette version de 110 chevaux n’a été que très éphémère.

Et puis est arrivé ce mardi 19 juillet, où nous avons enfin pu faire route commune, pour deux jours. À mes yeux, avant d’être une voiture de location, tu étais avant tout la Twingo 3… Et j’avais pas mal d’espoir. Conduire une propulsion à moteur arrière, on ne dit généralement pas non. Ta belle robe grise et ton moteur intermédiaire (SCe 75) m’ont laissés espérer un voyage agréable.

Il faut dire que tu ne manques pas d’argument avec ton intérieur parsemé de touches colorées (en blanc ici, en l’occurrence), tes belles optiques de phase 2, ta vitre de coffre, ton écope d’admission d’air sur le côté gauche, la sonorité de ton moteur à 3 cylindres…

Puis cela a été la désillusion.

Chère Twingo 3, tu m’as déçu.

Si l’intérieur est coloré, la finition est assez mauvaise. Tes poignées de porte extérieures semblent empruntées à une Renault 19. Celles de l’intérieur ressemblent à un crochet de portemanteau des cabines d’essayage de Kiabi. L’assise est dure, avec un maintien mauvais à l’avant, exécrable à l’arrière. Quant à ce revêtement façon toilettes publiques, j’accrochais à l’image, mais pas du tout en vrai…

À l’arrière justement, l’espace aux jambes manque et la fermeté de la banquette questionne sur l’épaisseur du rembourrage. Alors bien sûr, tu avais un cahier des charges à tenir. Mais chère Twingo, je dois reconnaître que tes concurrentes m’ont fait une première (et meilleure) impression sur ces points-là.

Ce n’est malheureusement pas avec le coffre que tu pourras gratter un premier compliment. Ton moteur en position arrière est non seulement difficile d’accès, mais surtout, il engendre un seuil de chargement très haut.

Cela dit, c’était avant tout au volant que j’attendais que tu me donnes le sourire.

Et là… Et bien… La position de conduite que tu me proposes ne m’a vraiment pas convaincu. J’avais le sentiment de ne pas être parfaitement en face du volant, déjà. Un volant d’ailleurs dont le grip est agréable, je te l’accorde.

Un quart de clé. Un second quart. Le moteur 3-cylindres se met en chauffe. Et là, tout de suite, le sourire s’esquisse.

Débrayage.

Mais pourquoi ça ?

Bien vite, c’est le choc. La pédale d’embrayage a une course immense et un point de patinage très haut. Alors non, tu ne me feras pas caler. Mais les premiers mètres sont très désagréables. Les suivants, un peu moins… Cet embrayage donne l’impression de patiner constamment, tout en forçant à jouer constamment de la pédale. C’est vite fatigant.

Si le moteur est agréable à l’oreille, cet embrayage enlève bien du plaisir de conduite. J’en viens à me questionner. Est-ce moi qui ne sais pas conduire ? Un ami me confirme avoir le même ressenti sur celle qu’il conduit régulièrement. Ça me rassure un peu.

J’aurais pu essayer de trouver le régime moteur parfait mais tu n’as pas été autorisée à recevoir de compte-tour.

Au fil des kilomètres, les constats amers se sont succédé.

Déjà, le dos fatigue bien vite. Plus encore que dans ma propre voiture, qui n’est pourtant pas réputée pour son confort, bien loin de là.

Le fait que tu sois une propulsion ? On l’oublie très vite. Les nombreuses aides à la conduite tuent toute possibilité d’amusement. Je dirais même que te conduire est une activité neutre, pas agréable ni spécialement désagréable. C’est totalement neutre, au même titre qu’aller faire ses courses un samedi d’affluence, aller à la déchetterie pour jeter un meuble ou bien même regarder un reportage sur « les fous de vitesse » sur W9.

Quant aux 75 chevaux de ton petit moteur 3-cylindres essence atmosphérique… Où sont-ils vraiment ?

Le moindre dépassement est une épreuve. Il faut constamment rétrograder avec cet embrayage détestable. C’est un fait, je trouve que ton alliance moteur/boîte n’est pas au top. Avoir une conduite lisse et douce me semble bien compliqué. En 200 kilomètres, je n’y suis pas vraiment arrivé…

La position de conduire surélevée n’améliore en rien ton bilan général. Ta hauteur de caisse à 1,54 mètre est seulement inférieure de deux centimètres à celle de ton grand frère, le Captur. Cela te rend sensible aux vents latéraux… Et le peu de plaisir de conduire qui subsistait s’éteint petit à petit.

Car oui… Outre ces différents désagréments, tu trembles… BEAUCOUP TROP ! Les ralentis engendrent des vibrations abominables des différents panneaux intérieurs. Le volant accumule ces vibrations ce qui rend la conduite encore plus détestable. Trop bas dans les tours : ça tremble. Trop haut : ça tremble. À régime stabilisé : ça tremble un peu moins.

L’équilibre parfait semble ne pas exister dans cette voiture. D’ailleurs, pour espérer pouvoir dépasser, il faut tomber un à deux rapports et monter dans les tours, jusqu’aux 6 000 tr/m que l’on essaie d’atteindre avant d’arriver au limiteur (sans même s’en rendre compte) et de perdre de la vitesse. Un énième rétrogradage accompagné de vibrations permet d’enfin dépasser ce 44 tonnes.

Tu es le genre de voiture qui fait préférer la destination au voyage, ce qui est d’autant plus dommage. Car à l’usage, il ne faut pas chercher le moindre tempérament joueur, bien au contraire.

Les trajets deviennent vite assez fatigants… Si bien qu’après 200 kilomètres, je n’étais pas vraiment fâché que nos routes se séparent.

Alors, bien sûr, il serait assez facile de me dire que je suis anti-Renault, que je n’ai pas compris que c’était une mini-citadine ou autre. Déjà, j’ai toujours bien aimé Renault et plusieurs modèles de la marque au losange figurent parmi les voitures que je rêve d’avoir un jour, comme un bel Avantime V6, un Spider ou encore une Clio 2 V6. Quant aux autres mini-citadines, j’ai trouvé que bien d’autres offraient un meilleur agrément, à commencer par la Toyota Aygo X, essayée dernièrement.

Chère Twingo, je dois tout de même te reconnaître des qualités. Ton rayon de braquage est excellent, ta consommation est faible (moins de 6 litres aux 100 kilomètres) et ce restylage te va plutôt bien.

Pour le reste, je pense que toi et moi, nous ne sommes pas compatibles.

Le bilan aurait sans doute été meilleur avec le récent TCe de 95 chevaux mais lorsqu’on loue une voiture, on ne choisit généralement pas la motorisation. Et puis, il y a toujours pire. De base, la Twingo 3 restylée reçoit le SCe de 65 chevaux. Glups.

Cela dit, je n’aime pas rester sur du négatif et je serais ravi de tester une version plus puissante afin d’y trouver, je l’espère, un agrément

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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