
Mitsubishi Colt : cette copie de Clio a-t-elle un intérêt ?
L’histoire de Mitsubishi n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Depuis sa création en 1970, la branche dédiée aux automobiles a connu plusieurs rachats avant d’intégrer l’alliance Renault-Nissan en 2016. En Europe, Mitsubishi est plutôt effacée mais la marque profite pourtant d’une image remarquable. La raison, c’est les engagements en compétition de la marque japonaise et notamment les savoureuses Lancer Evolution ! Mais tout cela appartient définitivement au passé. Mitsubishi veut séduire le marché européen et vient de dévoiler sa dernière nouveauté : la Colt de septième génération. Un copier-coller de la Renault Clio qui questionne…
Mitsubishi et sa place dans l’alliance
C’est un fait : le domaine sportif n’est plus à l’ordre du jour pour Mitsubishi Motors. La marque préfère se concentrer sur ce qu’elle estime faire le mieux : des SUV et de petites voitures. La gamme est donc plutôt restreinte et se concentre sur l’essentiel : les modèles où il y a de la demande. Pour cela, le constructeur japonais tente de s’adapter à chaque marqué tout en ayant une approche rationnelle et pragmatique. Les pick-ups fonctionnent également plutôt bien mais ce sont véritablement les SUV qui occupent le terrain. Et ça, sur tous les marchés. Pour l’Europe, Mitsubishi doit composer avec le projet Alliance 2030, qui a pour objectif de promouvoir l’électrification et la mutualisation des plateformes et des modèles au sein des marques Renault, Nissan et Mitsubishi.

Dans les faits, Nissan s’en sort plutôt bien puisqu’elle s’approprie des plateformes tout en conservant un style qui lui est propre. Dans le cas de Mitsubishi, l’approche est davantage controversée. La gamme française comprend le SUV Eclipse Cross. C’est un modèle mondial, développé par Mitsubishi et sur lequel la marque compte beaucoup. Il y a également la vieillissante Space Star. Derrière ce nom maintes fois recyclé, se cache une citadine sans histoire. Enfin, il y a l’ASX 2. Cette fois, le modèle n’est ni plus ni moins qu’un Renault Captur grossièrement rebadgé et sans aucune modification technique. La Colt 7 lui emboîte le pas. C’est effectivement une Renault Clio 5 phase 2 restylée avec simplement des logos Mitsubishi rapportés.
Comment construire une image avec ça ?
Dans l’automobile, les partages de plateformes sont nombreux. Les constructeurs font toujours l’effort de modifier les parties avant et arrière ou bien même les jantes pour donner une identité à un modèle. Dans le cas de Mitsubishi, l’objectif est avant tout de pénétrer le marché… Et sans effort financier particulier. En effet, que ce soit l’ASX ou la Colt, la reprise de Renault est totale : les jantes, les pare-chocs, le volant, la sellerie, les moteurs ou même la palette de couleurs. Alors bien sûr, Mitsubishi n’est pas la seule à faire cela. On se rappelle notamment de la Mazda 2 Hybrid, qui est elle aussi un copier-coller de la Toyota Yaris ou encore de la Suzuki Swace qui duplique la Toyota Corolla.

Mitsubishi veut reprendre des parts de marché et développe une gamme en ce sens. Alors bien sûr, tout cela s’assimile à une coquille vide… En dupliquant des bases Renault, Mitsubishi perd le peu d’identité qui lui restait. Mais qu’importe… Le public visé n’est pas nécessairement un public passionné d’automobile. L’objectif, c’est de faire du chiffre et de sauver la marque en Europe, quitte à décevoir (encore plus) les nostalgiques de Mitsubishi d’antan. La Mitsubishi Colt 7 ne manque d’ailleurs pas d’atout, si l’on se concentre sur un aspect purement rationnel. Elle offre 5 ans de garantie contre 2 ans seulement pour sa sœur (jumelle).
Mitsubishi Colt 7 : un design sans audace
C’est un fait, je n’aimerais pas travailler au marketing chez Mitsubishi. Trouver les mots et les arguments ne doit pas être une mince affaire. Le communiqué officiel parle bien sûr d’un design élégant et original, avec une signature lumineuse exclusive ou encore d’une palette de cinq couleurs, qui sont, là encore, tirées de chez Renault. La partie avant reprend trait pour trait les lignes de la française mais adopte le logo Mitsubishi. À l’arrière, le lettrage Mitsubishi est disposé sur le coffre tandis que la caméra de recul prend la forme d’une « verrue ». Celle-ci était habituellement dissimulée au niveau du logo Renault. Le résultat n’est donc pas spécialement laid mais le manque d’originalité est terrible. Surtout, Mitsubishi n’apporte absolument rien.

Au niveau des motorisations, là encore, c’est du Renault à 100 %. On retrouve le petit moteur 3-cylindres atmosphérique SCe de 65 chevaux en entrée de gamme, couplé à une boîte mécanique à 5 rapports. Le cœur de gamme est assuré par le 1.0 TCe de 90 chevaux, en boîte manuelle à 6 rapports. Il sera aussi possible de faire le choix de la version hybride, avec deux moteurs électriques (dont un alterno-démarreur), pour une puissance de 145 chevaux. La marque japonaise fait donc l’impasse sur le Diesel et le GPL. Une offre réduite donc.
Quatre finitions… Et une belle garantie !
La Mitsubishi Colt se démarquera par le fait qu’elle propose quatre finitions. Pour l’heure, nous n’avons pas le détail de chacune mais nous connaissons leur nom : Inform, Invite, Intense et Instyle. En fonction de votre choix, vous pourrez avoir des jantes en acier de 15 pouces avec enjoliveurs ou bien des jantes alliage de 16 et 17 pouces. Là encore, tout est directement repris de chez Renault. Le système multimédia comprend toujours un écran tactile central de 7 ou 109 pouces en fonction de la finition. On notera la prise en charge d’Apple CarPlay et Android Auto. Parmi les options, on pourra notamment s’offrir un système audio Bose, un attelage rétractable ou encore le Multi-Sense, qui permet de modifier l’ambiance lumineuse à bord. Cette fois encore, c’est du Renault.

Alors bien sûr, il est toujours délicat de traiter de la Mitsubishi Colt… Et on peut s’interroger sur la pertinence de ce modèle. Toujours est-il qu’elle remplira un rôle important : remplir les showrooms. Aussi, elle pourra compter sur un argument de poids, sa garantie de 5 ans ou 100 000 kilomètres qui pourra rassurer. Il est aussi probable que les prix soient un petit peu plus compétitifs que ceux de la marque au losange. Pour le reste, la Colt sera une bonne voiture… Mais sans âme malheureusement…






