Les TGV gris et bleus, c’est fini !
Il n’y a pas que dans l’automobile où l’année 2023 marque des changements majeurs. À la SNCF, on vient officiellement d’abandonner l’emblématique livrée Atlantique, identifiable à ses couleurs bleu et gris métallisé, qui a habillé les TGV dès 1988. Cette livrée emblématique a connu quelques évolutions durant ses 34 années de présence sur le territoire français. Mais désormais, tous les trains à grande vitesse la SNCF que vous croiserez porteront la livrée Carmillon (blanche, grise, noire et rose) ou bien la livrée Ouigo (bleue et rose) pour les trajets les plus économiques.
La livrée Atlantique des TGV
C’est dans les années ’60 que l’idée de créer un train à grande vitesse est née, pour relier les principales villes françaises. Cela a donné naissance au prototype TGV001 équipé de turbines en 1971… Jusqu’au premier modèle de série, le TGV PSE de 1978, qui a d’abord circulé sur la ligne à grande vitesse Sud-Est. Ces premiers TGV portaient une livrée orange, immédiatement identifiable, qui incarnait la modernité. Un train aussi profilé, on n’avait jamais vu ça alors car même les vaillants autorails Bugatti des années ’30 n’avaient pas une telle aérodynamique !

En 1989, la SNCF a ouvert la ligne à grande vitesse Atlantique. Pour l’occasion, un lot de 105 nouvelles rames a été commandé. Ce sont des TGV plus modernes et profilés, qui accueillent pas moins de 10 voitures, contre 8 sur les PSE. À ce jour, ce sont les plus longues rames de TGV jamais mises en circulation ! Pour être identifiables plus facilement, ces rames portaient alors une livrée blanche et bleue, pour les rames de présérie 301 et 302. Les 103 autres ont conservé le bleu au centre mais ont reçu une peinture gris métallisé. Les voitures de seconde classe étaient identifiées par des portes vertes, celle de première classe en rose et la voiture bar avait une porte jaune.
Une livrée et ses évolutions…
Entre 2005 et 2010, le designer Roger Tallon a modernisé la livrée, en apposant notamment de nouveaux symboles et de nouveaux habillages au niveau des portes. Les modifications intérieures sont également nombreuses. C’est ce que l’on appelle une opération de mi-vie. Depuis 1989, tous les TGV de la SNCF ont reçu la livrée Atlantique. Cela a notamment été le cas des rames Réseau et des différentes générations de TGV à deux niveaux (Duplex, Dasye, 2N2). La livrée Atlantique a d’ailleurs même été appliquée sur les TGV PSE de première génération, pour une uniformisation totale du parc roulant.

En septembre 2011, la SNCF a inauguré une nouvelle livrée pour ses TGV. C’est la livrée Carmillon. Celle-ci conserve la teinte gris métallisé sur les parties inférieure et supérieure de la rame. Les côtés des motrices passent en blanc tandis que les faces sont couvertes de noir, avec un habillage rose. Ce même rose, qui tend vers le rouge et le violet, est aussi présent sur les portes et sous la forme d’un liseré. Cette livrée s’accompagne d’un remplacement de la sellerie. La livrée Carmillon habille désormais l’intégralité du parc. Même les TGV Atlantique l’arborent, du moins pour les 28 rames qui restent encore en effectif. Pour les TGV reçus depuis cette date, la livrée Carmillon est appliquée de série. Pour les autres rames, la livrée est soit peinte, soit appliquée sous la forme d’un covering de grande taille. En parallèle, les TGV prennent le nom commercial de inOui.
La disparition des TGV bleus et gris !
En mai 2023, la dernière rame de TGV encore en livrée Atlantique bleue et grise est rentrée dans les ateliers pour être revêtue de la livrée Carmillon. Il s’agit de la rame TGV Duplex portant le numéro 283, livrée à la SNCF en 2006. Cela marque la fin définitive de la seconde livrée des TGV. Cette uniformisation va même plus loin encore car la livrée Carmillon est également appliquée sur une bonne partie du matériel roulant de la SNCF. Comme beaucoup, on pourra donc regretter une diversification en berne du matériel et des livrées. Au même titre que la disparition des rames tractées au profit d’automotrices. D’ailleurs, vous saviez que la SNCF avait revendu une douzaine de locomotives électriques l’année dernière ?





