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Le Renault Symbioz veut réinventer la voiture familiale

La « reconquête du segment C » faisait partie des objectifs de la marque au losange lors de la présentation de la Renaulution. Derrière cette volonté, il y a le souhait de renouer avec la conception de voitures à vivre. Un concept qui vise à augmenter le nombre de modèles familiaux dans la gamme. Le Renault Symbioz, qui se positionne entre les Captur et Austral, en matière de gabarit, ne proposera pourtant que cinq places à son bord. Et sans trop de surprise, il arbore une silhouette de SUV. Septième représentant de cette (trop ?) grande famille, le Symbioz parviendra-t-il à tirer son épingle du jeu ? Dans les faits, la réponse est loin d’être évidente car cette surreprésentation risque surtout de saturer les acheteurs potentiels.

Mais pourquoi ajouter le Symbioz ?

Sur le papier, on peut légitimement se questionner sur l’intérêt du Renault Symbioz. Fondamentalement, c’est une version allongée du Captur. On pourrait même dire que le Symbioz est au Captur, ce que l’Espace est à l’Austral. Pourtant, c’est un peu plus compliqué que cela. Avant tout, il faut bien prendre conscience que l’engouement pour les SUV du segment C est majeur avec une part de marché de 39 % en 2023, pour la France. Le Symbioz a été dessiné en même temps que la version restylée du Captur, ce qui explique cette similitude dans le design. D’ailleurs, ces deux modèles reposent sur la même plateforme, la CMF-B. Jusqu’au montant C, ils arborent le même design mais quelques éléments les distinguent, comme les nervures du capot ou encore la calandre, un peu plus « lisse » sur le Symbioz.

Au niveau du profil, le Symbioz est assez musclé. Le dessin arrière, tout particulièrement, utilise des artifices assez fréquents sur les modèles allongés, principalement à 7 places. La vitre de custode arbore un angle saillant tandis qu’un élément de style vient assurer la liaison jusqu’à la vitre arrière. Sa teinte est légèrement différente. Cela permet d’épurer la ligne tout en évitant un visuel lourd… Sans sacrifier l’habitabilité. La marque au losange a fait le choix d’implanter une nouvelle couleur, le bleu Mercure, qui rend plutôt bien. Le tout s’accompagne de nouvelles jantes alliage, de 18 ou 19 pouces en fonction de la finition. Pour autant, la couleur de carrosserie gratuite sera le rouge Flamme métallisé. En option, on pourra aussi avoir le blanc Nacré, le gris Cassiopée, le noir Étoilé, le gris Rafale ou encore le bleu Iron.

À l’arrière, on découvre des feux un peu différents, avec une pointe qui converge vers le logo. Le style est assez « massif » mais plutôt bien dessiné, avec des beaux jeux de lumière. Le design du Symbioz a le mérite d’évoluer et de se différencier – un peu – des autres modèles de la gamme. Cette poupe très verticale aura le mérite de profiter à l’habitabilité, un aspect primordial pour un SUV qui veut accueillir confortablement jusqu’à 5 personnes à son bord… Et leurs bagages !

Une vraie voiture à vivre ?

Le concept de voitures à vivre est cher à Renault. Dans son communiqué, la marque revient sur plusieurs modèles qui illustrent cette philosophie. Il y naturellement la Renault 16, avec sa silhouette bicorps qui favorisait l’habitabilité. La Renault 20 a appuyé ce concept dans un format plus imposant. Un concept qui a été repris par l’Espace, qui maximisait le volume à bord et qui a donné naissance récemment à la sixième génération d’Espace. Dans le cas du Symbioz, la quête d’habitabilité passe dans le nom. En grec, symbiosis signifie « vivre ensemble ». Cela se matérialise par une banquette arrière coulissante au second rang. Celle-ci coulisse sur 16 centimètres, permettant de varier le volume de coffre de 492 à 624 litres. Long de 4,41 mètres, le Renault Symbioz est plus court de 10 centimètres que l’Austral. Mais contrairement au nouveau Citroën C3 Aircross, pas de version 7 places au programme…

Dérivé du Captur, le Symbioz en reprend l’empattement de 2,64 mètres. Le volume ajouté prend uniquement place à l’arrière. L’habitabilité n’est donc pas vraiment meilleure que celle du Captur. Sous la barre des 1,5 tonne, le Symbioz dispose du toit panoramique Solarbay, qui permet d’être opacifié grâce à des cristaux liquides. Cela pourra même commandé à l’aide de la reconnaissance vocale. Pas d’évolution majeure au niveau de l’habitacle, on retrouve ce qui est proposé sur le Captur. Le système multimédia OpenR Link, avec les services Google, est considéré par la marque comme étant « le meilleur système multimédia du marché ». À côté de cette modestie, le Symbioz intégrera d’ofice 29 aides à la conduite de dernière génération. Si le marketing semble bien huilé, le Symbioz s’appréciera donc surtout pour son volume de coffre majoré, sa banquette coulissante et son toit panoramique.

Un seul moteur hybride au choix

Ces derniers temps, Renault a réduit son offrre de motorisations. Le Symbioz ne disposera que d’une unique motorisation hybride lors de son lancement. Il s’agit du moteur E-Tech hybrid de 145 chevaux, déjà implanté sous le capot des Arkana, Clio et Captur. Ce bloc est composé d’un « vieux » 4-cylindres atmosphérique 1.6 litre de 94 chevaux, d’origine Mitsubishi, associé à un moteur électrique de 49 chevaux et d’une petite batterie de 1,2 kWh.

La puissance passe au sol sur les roues avant par l’intermédiaire d’une boîte de vitesses à crabots. Si les performances ne sont pas exceptionnelles, la consommation est relativement basse. La marque au losange table sur une moyenne de 4,6 litres aux 100 kilomètres en cycle WLTP pour le Symbioz. Belle performance ! Quant aux émissions de CO2, elles seront de l’ordre de 105 g/km, ce qui permet d’échapper à ce malus… Tout comme au malus au poids, puisque la masse serait autour des 1 450 kg.

Précisons qu’il s’agit d’un moteur Full hybrid, qui n’est pas rechargeable donc. Ce moteur est déjà bien connu au sein de la marque. Il pourrait être complété par d’autres, dans un second temps. On peut s’attendre à l’arrivée du moteur 1.2 TCe de nouvelle génération, avec son évolution de puissance à 140 chevaux. En revanche, une version hybride rechargeable ne semble pas au programme. Dans ce segment, le coût de revient serait trop important… Par ailleurs, la finition Esprit Alpine sera proposée. Elle côtoiera deux autres finitions : le milieu de gamme Techno et le haut de gamme Iconic. Une entrée de gamme Evolution n’est pas à exclure mais elle ne sera pas présente lors du lancement officiel.

Quand sera commercialisé le Renault Symbioz ?

Naturellement, l’offre de prix sera un petit peu plus élevée que celle du Captur. On ne connaît pas non plus la dotation exacte de chacune des finitions. Si l’on part sur un surcoût d’environ 3 000 € par rapport à un Captur équivalent, on peut s’attendre à un prix d’appel autour des 34 500 € pour le Symbioz. Un prix plutôt bien placé qui pourra séduire les familles. Le format proposé, avec une longueur de 4,41 mètres, a l’avantage d’être tout de même assez compact. L’empattement, directement repris du Captur, facilitera les manœuvres en ville…

Maintenant, on peut s’interroger sur la clarté de l’offre de Renault. L’offre SUV comporte les modèles suivants.

ModèleLongueurPlacesPrix
Captur4,24 mètres524 900 €
Symbioz4,41 mètres5~ 34 500 €
Arkana4,56 mètres531 300 €
Austral4,51 mètres535 800 €
Rafale4,71 mètres545 000 €
Scénic4,47 mètres539 990 €
Espace4,72 mètres745 000 €

L’écart de prix entre Symbioz et Austral semble assez faible. Il faut tenir compte que l’offre Symbioz sera probablement tirée vers le bas, ce qui réduit l’écart entre les deux modèles. Quant à faire son choix de SUV Renault, le pari est loin d’être simple. Cette offre très complète risque de perdre les clients. Occuper le marché, c’est important… Mais une telle segmentation n’est pas forcément une bonne chose. Si l’on se met à la place d’un automobiliste qui envisage d’acheter un SUV Renault sans trop de connaissances automobiles, le choix risque de virer au casse-tête. Ce manque de clarté dans la hiérarchisation de la gamme donnera sans doute bien du fil à retordre aux commerciaux de la marque au losange…

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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