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La Ferrari 12Cilindri repousse les limites…

La présentation d’une Ferrari est toujours un événement… La marque au cheval cabré profite d’une image forte et d’une exclusivité qui a ses avantages. La production plutôt faible permet de s’affranchir partiellement de certaines contraintes et notamment la chasse aux émissions de CO2. Alors forcément, cette Ferrari 12Cilindri semble comme un petit peu hors du temps. Dans son temps, elle porte fièrement la composition de son moteur dans son nom : un improbable moteur V12 atmosphérique d’une puissance de 830 chevaux. Sans plus attendre, voici les principales informations à retenir sur cette nouvelle GT italienne qui repousse encore davantage les limites…

Une ligne assez novatrice

Le centre de style Ferrari a pris l’habitude de renouveler régulièrement ses codes stylistiques tout en veillant, malgré tout, à assurer une continuité. Cela passe par de lourdes contraintes aérodynamiques. Au niveau de la ligne, on retrouve naturellement celle d’une GT à moteur avant. La Ferrari 12Cilindri remplace la 812 Superfast dont elle reprend les dimensions globales, avec une longueur de 4,73 mètres et naturellement, le moteur V12 atmosphérique. Une ligne très athlétique qui a été épurée. La ligne de caisse paraît plus pure tandis que les ailes sont généreusement galbées. Il faut dire que les grandes jantes de 21 pouces l’imposent. Au niveau de la face avant, les optiques s’inscrivent dans un bandeau noir, qui rappelle certains modèles, comme la 365 GTB. Il faut dire que le segment des GT à moteur avant a été créé dans les années ’50 et n’a jamais été abandonné par Ferrari.

Les aérations sont assez généreuses et on trouve des clapets actifs, à vocation aérodynamique. À l’arrière, on découvre un épais masque noir qui s’étend de la vitre arrière jusqu’aux feux. Cela donne un côté résolument moderne tout en allégeant visuellement ce bel ensemble. Le diffuseur est assez massif mais ses traits sont intéressants. On notera l’absence d’ailerons. Cela a été rendu possible en intégrant des volets actifs au niveau de la lunette arrière, juste au-dessus des feux. Au niveau du toit, on note un toit panoramique sur la partie avant. Là encore, cela participe à l’équilibre de la ligne. La couleur de la carrosserie ressort, assurant la liaison, par le haut, des ailes arrière. C’est très bien pensé. Les sorties d’échappement, implantées d’un côté et de l’autre du diffuseur, sont de forme carré. Une belle ligne en somme…

Un V12 atmosphérique en 2024…

Cela peut paraître fou mais la firme de Maranello a bien réussi à reconduire son légendaire moteur V12 atmosphérique, sous le capot de la Ferrari 12Cilindri. Celui-ci affiche une cylindrée de 6.5 litres et développe pas moins de 830 chevaux à 9 500 tr/m et 678 Nm de couple à 7 250 tr/m. Une puissance équivalente à celle de la précédente 812 Competizione ! Ce bloc F140HD a néanmoins été lourdement amélioré. Sa masse a été considérablement réduite en optant pour des bielles en titane, un vilebrequin allégé ou encore des soupapes issues du monde de la Formule 1.

Un certain nombre de technologies a aussi été ajouté, comme la zone rouge qui varie en fonction du rapport et de la vitesse ou encore un nouveau revêtement DLC (Diamond-Like-Carbon) qui est utilisé pour réduire la friction, tout en améliorant l’efficacité de ce gros moteur qui réussit encore une fois à faire l’impasse sur le turbocompresseur. La sonorité serait particulièrement envoûtante, la marque a veillé à la rendre la plus mélodieuse possible. Ça promet !

On trouve aussi une nouvelle boîte de vitesses, qui prend le nom de DCT 8, dispose donc d’un huitième rapport. La démultiplication réduite de 5 %, le support de 12 % de couple en plus et des passages de rapports 12 % plus rapide. 80 % du couple est disponible dès 2 500 tr/m, ce qui est rare pour un bloc à aspiration naturelle… Forcément, les performances sont exceptionnelles. Le 0 à 100 km/h ne demande que 2,9 secondes tandis que la vitesse de pointe culmine à 340 km/h.

Les reprises sont aussi remarquables. La marque italienne a aussi réussi l’exploit de réduire la masse à légèrement plus d’une tonne et demie (1 560 kg pour être précis), avec une répartition des masses presque parfaite : 48,4 % à l’avant et 51,6 % à l’arrière. Côté pneus, il y aura le choix entre les Michelin Pilot Sport S5 ou bien les Goodyear Eagle F1 Supersport.

Le cockpit de la Ferrari 12Cilindri

L’intérieur de la Ferrari 12Cilindri rappelle étrangement celui du SUV Purosangue et ce n’est pas une coïncidence. On remarque une belle planche de bord, comprenant de nombreuses touches de carbone et faisant place belle aux écrans. L’instrumentation numérique dispose d’une belle dalle de 15,6 pouces, placée derrière le volant. Le compte-tours prend naturellement place au centre, rappelant que la zone rouge débute à 9 500 tr/m… Le passager dispose aussi de son propre écran, avec une superficie de 8,8 pouces, qui peut afficher différentes fonctions. Quant à l’écran tactile central, il prend place en partie basse et dispose d’une diagonale de 10,25 pouces. Il donne accès aux réglages de climatisation notamment, ainsi qu’à la partie multimédia. Car oui, la Ferrari 12Cilindri excelle aussi en matière d’audio. Ce système a été développé par Burmester dispose de 15 haut-parleurs et fournit une puissance de 1 600 W.

L’habitacle présente bien, avec de nombreuses touches d’alcantara. Celui-ci comprend jusqu’à 65 % de matériaux recyclés. D’ailleurs, Ferrari a opéré une vraie démarche sur l’impact environnemental de sa production, même si le choix d’un moteur V12 atmosphérique laisse penser le contraire. Divers alliages de matériaux recyclés ont été utilisés, ce qui permet de réduire de 146 kg les émissions de CO2 nécessaires à la fabrication d’une Ferrari 12Cilindri. Dans les faits, cela permet aussi de gagner du poids. Agrémenté d’office d’un toit en verre foncé, le cockpit de cette GT ne dispose que de deux places. La dotation est plutôt bonne puisque l’on y trouvera également un chargeur à induction pour smartphone en plus de la prise en charge d’Apple CarPlay et Android Auto.

Combien coûtera la 12Cilindri ?

La Ferrari 12Cilindri marque un véritable aboutissement. Elle bénéficie de nombreuses avancées pour améliorer son efficacité. Elle dispose par exemple du SSC 8.0, une évolution de l’unité de contrôle de la marque, qui permet d’optimiser le fonctionnement du moteur V12. Cela permet de tenir compte, en temps réel, des conditions d’adhérence, de dérapage et d’adapter l’amortissement ou encore la répartition du couple. De même, les quatre roues sont directionnelles mais seules celles de l’arrière sont motrices. Forcément, la consommation sera sans doute assez élevée. Ferrari indique que celle-ci est actuellement en cours d’homologation, tout comme la mesure des émissions de CO2. On peut tabler sur une moyenne autour des 16 litres aux 100 kilomètres. Et pour les rejets de dioxyde de carbone, il sera bien difficile d’échapper au malus de 60 000 €. Mais quand on aime…

Maintenant, on peut se questionner sur le prix de vente de ce grand coupé. Sans trop de surprise, il y aura une augmentation à prévoir par rapport à l’actuelle 812 Superfast. On devrait donc avoir un prix d’appel autour des 600 000 €… Le configurateur est déjà en ligne mais celui-ci n’affiche pas les prix. Il faudra donc prendre les informations auprès des concessions de la marque… Mais avant cela, vous devrez faire votre choix parmi les deux carrosseries proposées. Car oui, aux côtés de la Ferrari 12Cilindri coupé, il y a également la Ferrari 12Cilindri Spider. Celle-ci dispose d’une ligne très élégante… Le toit pivote à 180° pour se « cacher » à l’arrière, dans le couvre-tonneau. Une opération qui peut être effectuée en roulant, en 14 secondes seulement et jusqu’à la vitesse de 45 km/h.

Enfin, je ne peux pas m’empêcher de voir cette Ferrari 12Cilindri comme un au-revoir… Les contraintes environnementales pesant de plus lourd, il est malheureusement assez probable que cette nouveauté soit un hommage au V12 atmosphérique. Il fallait bien que cette époque prenne fin un jour, malheureusement… En attendant, on pourra toujours se consoler avec ce modèle hautement savoureux qui parvient, une fois de plus, à écrire l’histoire de la marque. Une histoire bien ancienne puisque c’est à l’aube des années ’50 qu’Enzo Ferrari a donné naissance à la 125S, à moteur V12. Un moteur mythique qui est resté au sommet de la gamme jusqu’à ce jour…

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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