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La Bugatti Tourbillon fait rimer excellence et performance

« Rien n’est trop beau », disait Ettore Bugatti, il y a bien longtemps déjà. Une quête d’excellence qui demeure largement d’actualité avec une quatrième génération d’hypercar. Après la EB110 de 1991, la Veyron de 2005 et la Chiron de 2016, voici désormais la Tourbillon. Une nouvelle icône qui a été repensée intégralement, aussi bien en matière de design que de motorisation. Car oui, la belle dispose désormais d’un moteur V16 atmosphérique, couplé à trois moteurs électriques, pour une puissance totale cumulée de 1 800 chevaux. Mais ne résumons pas seulement la nouvelle Bugatti Tourbillon à cette seule donnée technique, ce serait passer à côté de l’essentiel. Ce qui est certain, c’est que cette nouveauté devrait s’accaparer encore beaucoup de superlatifs.

Un design irréprochable ?

L’ADN d’une Bugatti, c’est d’être « stupéfiante dans tous ses détails », explique Christophe Piochon, président de Bugatti. Cela passe par le choix des matériaux, du design, de l’aérodynamique ou encore de la motorisation. Attardons-nous sur le design. La Tourbillon porte assez bien son nom : elle s’inspire d’un mouvement horloger suisse bien spécifique. Cela ne dicte pas seulement le design extérieur, nous le verrons un peu plus tard. Les traits sont très élancés et sans arête. Les flux aérodynamiques ont grandement dicté ce design tout en conservant un haut niveau de raffinement.

La ligne est d’une grande pureté…

L’inspiration provient majoritairement de trois modèles : la Type 57 SC Atlantic, la Type 41 Royale ainsi que l’emblématique Type 35. À l’avant, on retrouve naturellement le fer-à-cheval en guise de calandre. Un élément superbe souligné par un bas de pare-chocs en fibre de carbone. On découvre aussi de belles écopes latérales séparées en leur milieu par la délimitation du bouclier.

Le capot avant est superbement esquissé avec un superbe maillage de lignes très fluides. Les projecteurs avant sont assez aériens. Ils permettent de créer de fins tunnels ouverts qui acheminent l’air vers les écopes latérales. On retrouve aussi le mythique jonc métallique en forme de C, qui permet de bien séparer les deux jeux de couleurs. Celui-ci permet aussi d’apporter du volume. La forme des portes est également plus aérienne, avec un vitrage plus fin et arrondi. La partie basse, en carbone, renforce la parenté avec les précédentes productions. Pour la première fois, on découvre aussi des portes qui s’ouvrent en élytre, façon McLaren. Ces dernières sont électriques et peuvent être ouvertes à l’aide de la clé, d’un bouton situé dans le « C » ou encore dans l’habitacle.

Vue du dessus, la Bugatti Tourbillon permet d’admirer le travail aérodynamique

La Bugatti Tourbillon dispose d’un arrière entièrement nouveau. Largement aéré, il dispose d’un bandeau lumineux qui s’étend d’un bout à l’autre, dessinant les feux et le lettrage Bugatti en rétro-éclairage. On découvre aussi un immense diffuseur qui surmonte quatre sorties d’échappement. Là encore : rien d’artificiel. Un aileron mobile prend aussi place pour augmenter l’appui à basse vitesse. Il peut aussi agir comme un aérofrein pour les grosses phases de freinage. Tout a été étudié pour être capable d’atteindre une vitesse maximale supérieure à 400 km/h. Difficile d’adresser le moindre reproche à ce design, où rien n’a été laissé au hasard. Les jantes ont aussi un design très réussi. À l’avant, c’est du 20 pouces et à l’arrière, le diamètre est de 21 pouces.

Un intérieur d’exception…

Une Bugatti doit toujours être intemporelle. C’est pour cette raison que les modèles de la marque ne disposent généralement pas d’écran. Pour revenir au mouvement horloger éponyme, la Tourbillon s’inspire donc largement de l’univers des mouvements horlogers suisses. L’instrumentation comprend une superbe pièce… Ce combiné en titane comprend plus de 600 pièces usinées avec une précision de 50 microns, soit un centième de millimètres. Des détails en saphir et en rubis sont présents, donnant un côté hors du temps et très chic. Le rendu, unique sur le marché, est fascinant. Il comprend de nombreux mécanismes et engrenages fascinants. Le volant dispose aussi d’un moyeu fixe. Un ensemble très raffiné qui repousse les limites…

L’instrumentation tient davantage du domaine de l’horlogerie. C’est bluffant !

Le plus impressionnant, c’est que tous ces engrenages permettent de remonter les informations en temps réel. On trouve malgré tout un minuscule écran sous le compte-tour qui permet d’afficher la vitesse, en kilomètres par heure. La console centrale est très aérienne. Elle reprend les lignes générales de celles des productions précédentes tout en apportant davantage de légèreté dans le visuel et de qualité dans la finition. Les écrans vieillissant généralement mal, Bugatti a tout de même fait le choix d’en implanter un, qui se rétracte dans la planche de bord. Fait amusant : il peut se déployer à la verticale ou à l’horizontale en fonction de vos souhaits : caméra de recul ou accès à des informations du véhicule ou encore à Apple CarPlay. La marque a veillé à ce que la part de numérique soit la plus faible possible. L’authenticité prime.

Quant à l’intérieur en lui-même, il est entièrement paré de cuir. Un cuir d’exception qui vient habiller l’intégralité de l’habitacle. Sur les contre-portes, pas d’enceintes. La marque a développé un système de parois, dotées de vibreur, qui permettent d’amplifier superbement le son tout en gagnant du poids. Le choix des matériaux a été dicté par la quête d’excellence, sans reculer devant aucun compromis. « Si vous voyez un élément qui vous fait penser à du titane, c’est que c’est du titane » précise le président de la marque. Même les détails les moins visibles ont été soignés. Et même si Bugatti est désormais majoritairement détenue par Rimac, l’ADN semble être intacte.

Un moteur V16 hybride de 1 800 chevaux

Chez Bugatti, l’excellence passe aussi (et surtout) par les performances. En 2004, la Veyron était la première voiture de série a passé le cap des 1 000 chevaux. En 2016, c’était le cap des 1 500 chevaux que la Chiron atteignait. Puis, il y a tous les records de vitesse atteints par différents modèles… Mais aussi la palette tarifaire qui faisait des Bugatti, les voitures neuves les plus chères au monde. Forcément, la Tourbillon ne pouvait pas rester sur la touche. Plutôt que de faire évoluer l’actuel W16 quadriturbo, la marque a fait le pari de développer un tout nouveau moteur.

Ce moteur V16 hybride développe la puissance de 1 800 chevaux !

La Bugatti Tourbillon conserve un moteur à 16 cylindres mais passe du W16 au V16. Fait amusant : ce moteur perd ses turbocompresseurs, en devenant atmosphérique. Pour atteindre la puissance record de 1 800 chevaux, la nouvelle venue adopte trois moteurs électriques. Ils sont couplés à une batterie de 25 kWh et d’une tension de 800 V, refroidie par un système d’huile. Cela autoriserait le fonctionnement en mode 100 % électrique pendant 60 kilomètres. Mais n’y voyez pas là une volonté écologique pour autant. La Bugatti Tourbillon impose une consommation de 25 litres aux 100 kilomètres… Et pour les émissions de CO2, avec une moyenne de 572 grammes par kilomètre, le malus écologique maximal de 60 000 € est assuré. Mais à côté de ces considérations ennuyantes, la Bugatti Tourbillon sera aussi capable de performances incroyables.

Les portes s’ouvrent désormais en élytre

Passer de 0 à 100 km/h ne demande que 2,0 secondes. Pour atteindre les 200 km/h, il ne vous faudra que 5,0 secondes. Et pour passer de 0 à 300 km/h, il ne faudra compter que jusqu’à 10 ! Cela montre une progression nette par rapport à la Chiron. De nombreux réglages ont été opérés mais plus généralement, on trouve une nouvelle structure monocoque à base de carbone, des freins carbone/céramique, des pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 spécifiques. La vitesse de pointe atteint désormais 445 km/h, tout en étant plus rapide qu’une Chiron Super Sport déjà optimisée pour la vitesse de pointe. L’apport de la partie électrique n’entraîne pas d’augmentation de la masse. C’est même l’inverse : la Tourbillon atteint 1 995 kg. Autant dire que ce savoureux bloc V16 capable de grimper à 9 000 tr/m n’a pas fini de faire parler…

Un prix à la hauteur de l’excellence

La Bugatti Tourbillon sera encore plus exclusive que les Veyron et Chiron puisque seulement 250 exemplaires, toutes versions confondues, seront produites. Le montage sera assuré à la main, dans l’Atelier Bugatti de Molsheim, en Alsace. Le prix de départ est établi à 3,8 millions d’euros HT, soit 4,56 millions d’euros au minimum en incluant les taxes. Il faudra ensuite ajouter le malus. Mais est-ce vraiment le plus important ? Les acheteurs de Bugatti disposent généralement d’un immense parc automobile, le prix n’est pas l’aspect le plus important. Une fois encore, la marque est parvenue à développer un nouveau joyau, qui repousse les limites et rien que pour cela, ça forme l’admiration… Pour rappel, l’ultime Bugatti Chiron est sortie de production récemment, laissant la place à la Tourbillon. Les premières livraisons auront lieu en 2026.

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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