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Le contrôle technique de l’automobiliste (CTA) est officialisé…

Dès le 1er septembre 2025, un nouveau dispositif visant à renforcer la sécurité routière entrera en vigueur en France. Vous connaissiez déjà le contrôle technique pour les véhicules… Voici désormais ce même examen transposé aux automobilistes. L’objectif est clair : identifier les conducteurs à risque en instaurant des examens réguliers qui portent autant sur les réflexes que les aptitudes au volant. Ne pas réussir un créneau figurera d’ailleurs permis les motifs légitimes de contre-visite… Focus sur cette mesure déjà très décriée mais déjà régie par l’article L355-65 du Code de de la route. La principale requête ? Une stigmatisation des mauvais conducteurs.

Le CTA, nouvelle angoisse des automobilistes…

Pour avoir le droit de circuler en France, une voiture doit disposer d’un contrôle technique en cours de validité. Il en sera bientôt de même pour son conducteur. Tous les quatre ans, l’intégralité des détenteurs du permis devront donc se plier à ce nouvel examen, dont nous connaissons enfin les grandes lignes. L’objectif est assez clair : il vise à renforcer la sécurité routière afin de réduire le bilan annuel des morts sur la route. « Le contrôle technique des véhicules a eu un impact significatif sur la sécurité, en obligeant les automobilistes à assurer un entretien strict et régulier de leurs engins. En revanche, rien n’avait jamais été mis en place en ce qui concerne la personne derrière le volant » confie Frédéric Poisson, en charge de la commission de sécurité au sein des ministères.

Aussi, ce contrôle technique de l’automobiliste permet d’instaurer un principe d’égalité, qui concerne 100% des détenteurs du permis de conduite en France. Par le passé, il avait déjà été question de mettre en place une visite médicale obligatoire pour les personnes âgées ; cela avait été jugé arbitraire. « Mal conduire n’est pas une question d’âge » martèle le commissaire. Déjà intégré au sein d’un projet de finance 2025, ce nouvel examen consacré à l’automobiliste dévoile maintenant son déroulement, son coût et ses conséquences. Car oui, comme pour votre voiture, votre permis pourra être en contre-visite…

Pas un simple contrôle : un examen

Bien qu’il soit nommé officiellement contrôle technique de l’automobiliste, ce nouveau dispositif prend la forme d’un examen dont l’issue est binaire : soit vous pouvez continuer à conduire, soit vous avez une contre-visite. Tout automobiliste âgé d’au moins 30 ans et/ou dont la date d’obtention du permis remonte à plus de 8 ans est concerné et devra se soumettre à l’examen. Dans chaque département français, plusieurs centres ouvriront afin de permettre le passage des tests. « Le contrôle technique de l’automobiliste demande six heures de votre temps, tous les quatre ans, ce n’est pas grand chose », précise Annie Aprilscherz, chargée de la mise en place de cet examen au sein de la région Île-de-France.

Frédéric Poisson a répondu à nos questions au sein du premier CTA, ouvert à Paris 13

Concrètement, si vous êtes détenteur du permis de conduire B, vous recevrez une lettre de convocation à l’examen du contrôle technique de l’automobiliste directement chez vous. Il faudra alors vous rendre dans le centre indiqué. Classiquement, six à huit heures sont nécessaires. Le tout est encadré par un programme strict, qui sera généralisé dans l’intégralité des 120 centres qui ouvriront partout en France.

Journée type d’un examen CTA

8h00Arrivée du candidat
8h10Vérification administrative du permis de conduire
8h30Prise de sang générale
8h45Test d’aptitudes physiques (vélo elliptique et tapis de course)
9h30Dégustation d’une brioche et d’un thé au citron
10h00Questions/réponses sur le code de la route auprès d’un inspecteur
11h00Conduite sur simulateur supervisée par un inspecteur du permis de conduire
14h00Conduite en circulation avec mesure des temps de réflexe
15h00Dégustation d’un sandwich aux légumes du soleil et d’une madeleine
15h30Entretien psychologique, résultats du bilan sanguin
16h00Délivrance du résultat du contrôle technique de l’automobiliste

En fonction du profil de chaque automobiliste, des aspects pourront être plus poussés, afin de s’assurer que chaque personne soit bien en mesure d’assurer la conduite d’un véhicule. Les équipes ont pourtant confié que cet examen « ne sera pas piégeur » mais qu’en cas de doute, l’inspecteur pourra décider d’approfondir comme bon lui semble. Annie Aprilscherz cite le cas des conducteurs de modèles automobiles de marque BMW : « ceux-là, on veillera à ce qu’ils mettent bien leurs clignotants sinon nous devrons les recaler ».

Une évaluation ciblée et complète

À l’issue de ce contrôle technique humain, chaque automobiliste reçoit un livret de 8 pages. Celui-ci retranscrit les résultats de l’évaluation sur 5 grandes catégories. L’une d’elle porte sur le bilan de santé, en incluant des recommandations ciblées, avec l’appui d’une nutritionniste, à l’image de Gisèle Broma qui nous a précisé que « beaucoup de personnes ne mangent pas de légume, ce qui donne des carences terribles. Bouffez des fruits et légumes et délaissez les fast-foods ! ». Le bilan comprend aussi des recommandations sur la conduite, des passages du Code de la route à réviser.

D’après les estimations, un conducteur de BMW sur deux serait recalé quant au fait d’utiliser les clignotants

La partie la plus sensible vient sans doute des recommandations psychologiques. Une professionnelle nous explique, par exemple, avoir recommandé à l’un des patients de quitter son épouse et de vendre la maison, afin de se libérer de la charge mentale, pour retrouver le sommeil et renforcer ainsi ses aptitudes de conduite. Bien sûr, le contrôlé demeure libre d’appliquer ou non ces recommandations, dans un premier temps du moins.

Lorsqu’il est mené à son terme, le contrôle technique de l’automobiliste peut être favorable ou défavorable ; comme pour les voitures. Pour éviter tout stress supplémentaire, il est prévu que le résultat soit donné le jour-même du passage, à 16 h 00. « Nous sommes là pour le bien-être des automobilistes, non pas pour renforcer leur charge mentale » indique l’un des inspecteurs présents durant la conférence de presse. D’ailleurs, une issue positive permet de reprendre immédiatement le volant. Mais qu’en est-il pour les autres ?

Attention aux dénonciations : plusieurs plateformes en ligne permettent d’évaluer les conducteurs simplement en saisissant leur numéro d’immatriculation. La récurrence excessive de signalements sur un même et unique numéro peut imposer au propriétaire du véhicule en question de passer un contrôle technique de l’automobiliste préventif, à ses frais.

Une contre-visite jugée abusive

Un avis défavorable au contrôle technique de l’automobiliste entraîne une obligation de se soumettre à une contre-visite dans un délai de deux mois. Sans cela, le permis de conduire ne sera plus valable. De nombreux motifs pourraient entraîner un retour négatif, comme un temps de réaction trop long, une inaptitude à faire des créneaux ou encore une conduite trop lente ou, à l’inverse, trop rapide. À cela s’ajoutent de potentielles raisons médicales qui peuvent également altérer le résultat. Toujours est-il que si vous avez été recalé votre propre examen technique, il faudra vous soumettre à la contre-visite. En fonction de vos lacunes, celle-ci pourra être orientée spécifiquement sur un thème en particulier.

Les équipes nous citent par exemple le cas d’un homme de 45 ans, qui peinait à se stationner en créneau. Sa contre-visite a porté sur l’accomplissement de 20 stationnements successifs. Une femme de 82 ans, jugée trop lente dans ses accélérations, est contrainte à un entraînement de conduite sportive sur circuit, au volant d’une Alpine A110 GTS de dernière génération. Un temps de référence lui a même été réclamé afin de pouvoir récupérer son permis de conduire.

Le prix du contrôle technique de l’automobiliste

Toujours dans cette optique d’égalité, ce contrôle technique humain serait proposé avec un forfait fixe, autour des 250 €. Plusieurs remises seraient possibles en fonction du profil et des régions. Pour l’heure, cette question tarifaire est encore assez floue. Le paiement en quatre fois sans frais serait aussi à l’étude, toujours dans cette optique de ne pas pénaliser l’automobiliste. Aussi, le prix de la contre-visite sera déterminé librement par chaque centre. Plus il y a de points à observer, plus la note risque d’être salée. Seulement, un seuil de 1 000 € est appliqué au maximum.

Pour aller plus loin : pensez à toujours consulter la date de publication d’un article avant de vous assurer de la véracité des informations. Malgré les nombreux indices suspicieux, nous verrons si certains tombent dans le pièce. Rassurez-vous : il n’est aucunement prévu qu’un tel examen humain soit mis en place !

Thomas Drouart

Depuis 2006, je suis le rédacteur en chef du média automobile indépendant PDLV. Avec mon équipe, nous couvrons l'actualité auto, des guides pratiques, des essais et des présentations de nouveaux modèles. Bien sûr, nous parlons aussi (et surtout) de voitures passion et des belles histoires qui en découlent. Mes spécialités ? Les voitures miniatures, les essais de petites sportives et tout ce qui touche à la réglementation automobile et aux aspects pratiques.

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