
La fois où j’ai acheté une voiture avec le compteur trafiqué
Acheter une voiture d’occasion en 2026, c’est nettement plus simple que par le passé. Il existe notamment la plateforme gratuite HistoVEC qui permet de retracer le parcours, l’accidentologie et le kilométrage d’une voiture. C’est une bonne première base de vérification. Mais avant cela, les plateformes étaient nettement moins nombreuses et fiables qu’auparavant. En début d’année 2018, j’ai fait une erreur grossière : acheter une voiture dont le compteur avait été trafiqué. C’est l’occasion de revenir sur les vérifications à opérer pour s’en prémunir.
Un banal garage indépendant en Seine-Maritime
Je roule en Fiat Panda 100HP depuis 2018 et j’en suis extrêmement content. Cette voiture, vous l’avez peut-être déjà aperçue dans nos articles, sur nos réseaux sociaux ou bien même sur les chaînes YouTube de Petites Observations Automobiles et Les Cylindres. Mais ce que beaucoup ne savent pas, c’est qu’avant de trouver ce superbe exemplaire, parfaitement entretenu et dans un état remarquable, j’avais acheté une précédente Panda 100HP. La rareté du modèle fait que, lorsqu’un exemplaire apparaît à moins de trois heures de route, on ne réfléchit pas longtemps avant d’aller le voir.

C’est ce qui s’était passé dans mon cas. Après avoir repéré une annonce, je prends la route en direction d’un petit garage situé en Seine-Maritime. L’ensemble ne paye pas de mine, une trentaine de voitures sont entassées dans un bâtiment. Pas de procédure judiciaire en cours ou de redressement, le nom du propriétaire ne ressort pas négativement : rien ne m’empêche d’aller voir.
Sur place, je prends le temps de découvrir cette fameuse Fiat Panda 100HP, alors parée d’un covering. Elle n’est pas parfaite. Le covering saumon est affreux mais l’état général est bon. Des réparations seront effectuées avant la vente, le prix est correct, je prends les informations et les garde en tête. Le « petit » prix permettra de remettre en état la carrosserie.
Des vérifications qui ne révèlent rien d’anormal
De retour chez moi, j’ai un avis mitigé. D’un côté, j’ai enfin la possibilité de m’offrir cette petite italienne que je cherchais depuis si longtemps. Mais de l’autre, j’ai des doutes. J’en profite pour commander un rapport CarVertical mais celui-ci ne révèle rien de particulier. La voiture a toujours été en France, les quelques relevés kilométriques sont cohérents… Je reprends la route en direction du garage pour prendre ma décision. Là, j’apprends que la voiture n’a plus ses papiers d’origine. C’est malheureusement souvent le cas avec les voitures d’occasion.

Le kilométrage affiché au compteur, 84 580 kilomètres, ne m’inquiète pas vraiment. Autant certaines marques sont réputées pour les compteurs trafiqués mais je pensais, à tort, que le phénomène concernait peu les Fiat.. Le vendeur me propose de signer un bon de commande, sur lequel je m’engage à l’achat à la condition que la colonne de direction soit remplacée et que le silencieux soit remplacé. C’est malheureusement la faiblesse sur les Panda de seconde génération. Le professionnel accepte mon offre.
Un numéro d’immatriculation qui change tout…
J’ai toujours été super intéressé par les numéros d’immatriculation. Ne me demandez pas pourquoi, je le vis assez bien. En retirant les cache-plaques, je remarque des plaques d’immatriculation « tuning » avec des bandes à fond noir et une typographie fantaisie. C’est bien sûr illégal. Mais surtout, le numéro d’immatriculation me rappelle immédiatement un souvenir. Cette Panda 100HP là, j’ai déjà vu sa trace sur les réseaux sociaux.

C’est l’avantage de choisir une voiture rare, on retrouve plus facilement la trace des différents exemplaires. C’est là que j’ai pu entrer en contact avec l’un de ses anciens propriétaires, avec qui l’on discutait déjà de voitures miniatures. Et là, cela a été la révélation. Quelques années avant, ce passionné avait revendu cette même Panda 100HP avec près de 100 000 kilomètres au compteur. La personne qui l’a eue ensuite avait l’objectif d’en faire une voiture de piste, avant d’abandonner le projet.
Puisque je n’avais pas encore pu récupérer la voiture au garage, j’essaie d’aborder le sujet avec le garagiste, son discours change. Selon lui, la voiture dispose d’un contrôle technique vierge et le compteur est authentique. Pour l’anecdote, le même centre se trouve à côté du garage et s’avère être tenu… par son frère. Faisant remarquer le voyant de la direction assistée, l’homme m’explique qu’il suffit d’effacer le voyant et qu’il a l’outil pour. Lunaire.
Objectif : faire annuler la vente
Concernant le compteur trafiqué, l’homme se braque. J’essaie de recontacter le garage qui ne répond alors plus à mes appels, ni à mes mails. Mon but était alors d’annuler la vente, récupérer mon acompte. Je publie alors un avis assez négatif sur Google Maps dans le but de les faire réagir, immédiatement suivi de menaces par l’intermédiaire des réseaux sociaux. L’appui du cabinet d’expert Recourtis Auto à Toulouse permet d’accélérer la procédure.

Je ne commenterai pas davantage la procédure mais j’ai pu faire annuler la vente et récupérer mon acompte, non sans mal. Par la suite, j’ai appris que cette même Panda 100HP avait été achetée et que l’acheteur avait eu connaissance de mon avis et du kilométrage trafiqué. De mon côté, je me suis mis en quête d’un nouvel exemplaire…
Les outils à utiliser pour vérifier le kilométrage
Aujourd’hui, il existe de nombreux outils pour vérifier l’historique et le kilométrage d’un véhicule. Pas besoin de payer systématiquement : pour une voiture qui a passé sa vie en France, le service HistoVEC est parfaitement gratuit et peut suffire. Pour aller plus loin, notamment avec les véhicules importés, l’utilisation de CarVertical est souvent nécessaire. Prenez aussi (et surtout) le temps d’étudier le carnet d’entretien, les factures… Mais gardez à l’esprit que l’intelligence artificielle peut servir à façonner de faux documents. Au moindre doute, appelez les concessions et garages en question pour vous assurer de leur authenticité.

Cette mésaventure m’a surtout appris qu’un historique, un contrôle technique favorable ou un vendeur en apparence honnête ne suffisent pas. Quelques vérifications supplémentaires peuvent éviter une arnaque à plusieurs milliers d’euros.





