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NIO ET7 : un énième copier-coller chinois ?

Le nom de NIO vous est peut-être inconnu et personne ne vous en voudra. Ce constructeur chinois, apparu en 2014, a pourtant déjà fait ses preuves. L’EP9, une supercar électrique, a notamment battu le record du temps au tour pour une voiture électrique, sur la boucle Nord du Nürburgring. Avec un temps de 6 minutes et 45 secondes, elle devance bon nombre de supercars. Il est donc important, à mon sens, d’étudier de près les modèles à venir de ce fabricant très productif. L’EP7 prend la forme d’une berline 100% électrique qui n’est pas sans rappeler la Tesla Model S. Cela tombe bien : c’est l’objectif visé. Et on ne s’en cache pas vraiment ! Mais NIO a-t-elle les capacités pour rivaliser avec le géant américain ?

Un style déjà-vu

Plus longue de quatre centimètres qu’une Tesla Model S, la NIO ET7 ne peut nier une forte inspiration. En Chine, la copie est un phénomène récurrent. Pour se perfectionner, on copie ce qui existe. Cette berline électrique en est la parfaite illustration. On retrouve des optiques plus fines mais un dessin proche. La ligne de caisse est sobre, les rétroviseurs disposent d’une forme identique. On trouve aussi des poignées de portes affleurantes, un vitrage qui semble copié-collé sur celui d’une Tesla Model 3… Et bien sûr, une sobriété générale dans le dessin. Si elle n’est pas laide, la NIO ET7 s’affiche avant tout comme un pot-pourri de codes stylistiques empruntés ici et là. Rien de très novateur donc mais il ne faut pas s’arrêter au design, sous peine de mettre trop vite de côté ce modèle audacieux.

NIO ET7 électrique

Dévoilée le 9 janvier, l’ET7 demeure une belle prouesse. Née en 2014, NIO réalise une progression ahurissante. En trois ans seulement, la toute jeune marque a développé une supercar et obtenu le record du Nürburgring ! Les ventes sont également assez intéressantes puisque l’ES8 s’est écoulé à 10 000 exemplaires en une année seulement. De nombreuses entreprises ont investi dans NIO, qui s’est engagée notamment en Formule E dès 2014. Pas de podium pour le moment mais une respectable quatrième place la première année ! Tout comme Tesla, NIO mise sur l’électrique. N’y voyez pas un effet de mode : c’est une stratégie presque indispensable puisque les jours de la voiture thermique commencent à être comptés.

Miser sur l’autonomie : pari gagnant ?

Là où des différences sont à noter, c’est que la stratégie est assez différente de celle de Tesla, quand on y regarde de plus près. Chez Tesla, les performances sont exceptionnelles. Nous avions pu le voir il y a quelques semaines avec la redoutable Model S Performance. Chez NIO, on reste davantage raisonnable. Le 0 à 100 km/h, sur la version la plus aboutie, est réalisé en 3,9 secondes. C’est déjà très correct mais cela témoigne aussi du fait qu’il ne va pas y avoir le concours de celui qui a la plus grosse (capacité d’accélération). À l’inverse, NIO préfère miser sur l’autonomie. Le premier moteur électrique de 180 kW (240 chevaux) est placé à l’avant et il est à aimants permanents tandis que le second, à induction, développe 510 chevaux. La puissance totale cumulée est de 653 chevaux.

NIO ET7 batterie 150 kWh

Les versions « classiques » feront appel à des batteries de 70 kWh et 100 kWh. Chez Tesla, cette dernière valeur est un standard désormais. NIO proposera aussi une version dotée d’une batterie de 150 kWh. Là, forcément, l’autonomie grimpe en flèche puisqu’elle excèderait les 1 000 kilomètres en cycle mixte. Cette valeur est à nuancer puisqu’elle répond à la « vieille » norme NEDC, pas forcément très représentative. Augmenter la taille de la batterie pour accroître l’autonomie, c’est logique… Mais cela se fait au détriment du poids puisqu’il y a fort à parier que la plus grosse batterie doit approcher de la tonne…

Regardez-y de plus près

La voiture électrique n’est pas aussi vertueuse pour l’environnement que le gouvernement le laisse entendre à coût de bonus et vignettes. NIO a développé une nouvelle technologie lithium-ion à électrolyte solide. La densité en énergie est meilleure, ce qui permettrait une meilleure endurance et surtout, des recharges plus rapides. Sur ce point, avec une capacité pouvant atteindre 150 kWh, c’est un argument séduisant. De même, un système d’échange express de batterie serait possible, ce qui est assez bluffant. Selon le constructeur, près d’un million d’échanges de batteries en réseau de stations auraient déjà été effectués. Un argument séduisant sur le papier !

Lidar NIO ET7

NIO indique également avoir placé pas moins de 33 capteurs haute performance sur son ET7, des caméras, des radars, des capteurs à ultrason et même un LiDAR. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Il s’agit d’une petite excroissance sur le toit qui permet de superviser précisément la détection d’obstacle et l’évolution dans un environnement large, quelles que soient les conditions météorologiques. L’objectif : c’est bien sûr de permettre la conduite autonome de niveau 3. Dans un premier temps, cela prendra la forme d’un abonnement. Pour rappel, le niveau 3 (intermédiaire) n’est applicable que dans certaines conditions, sur un temps « acceptable » et sur des routes précises (pour ne pas les citer : les autoroutes).

Plateforme NIO ET7

Pour que la partie logicielle soit la plus efficace possible, NIO dispose de sa technologie Aquila Super Sensing, capable de transférer jusqu’à 8 Go de données par seconde. Quand je pense qu’il me faut une journée complète pour envoyer une vidéo de 3 Go sur Youtube…

Un habitacle épuré

Sans trop de surprise, la NIO ET7 affiche un habitacle très épuré. Là encore, l’ambiance Tesla est clairement perceptible, avec une élégante alternance de noir et de blanc. Là où Tesla dégaine son cuir Vegan, NIO mise sur le Karuun, un matériau renouvelable issu de forêts tropicales. Dans cet article, on trouve deux grands écrans, dont un central de 12,8 pouces et pas moins de 23 haut-parleurs. On trouve aussi un système de reconnaissance vocale, prenant la forme d’un assistant virtuel ; NOMI. Il prend une forme humanoïde sur la partie supérieure du tableau de bord, avec deux grands yeux inscrit dans une « tête ». L’habitacle est lumineux, bien éclairé et donne clairement envie de voyager. L’espace semble assez généreux, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière.

Le confort ne sera pas en reste avec une suspension à ressorts pneumatiques et l’amortissement piloté. Sans surprise, la transmission intégrale est livrée de série, afin de passer convenablement au sol – en toute sécurité – jusqu’à 653 chevaux.

Combien ça coûtera ?

L’automobile chinoise a une réputation : celle de voitures pas chères. Cela tombe bien, la NIO ET7 ne fait pas exception à la règle. Alors qu’il faut compter un minimum de 84 990 € pour une Tesla Model S, la NIO devrait débuter autour des 57 000 €. Pour une routière électrique, avec une autonomie de 500 kilomètres en version 70 kWh, cela demeure très compétitif. NIO devrait arriver sur le marché européen dès cette année 2021. Quant à l’ET7, sa date d’arrivée n’a pas encore été communiquée. Des rumeurs évoquent le premier semestre 2022, ce qui semble cohérent… En attendant, il faudra encore passer la phase d’homologation et le crash-test Euro NCAP.

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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

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