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Skoda Enyaq Coupé iV : trop homogène pour le badge RS ?

Le groupe Volkswagen a pris de plein fouet la vague du SUV Coupé. Cette mode, d’abord importée par les marques Premium il y a plus d’une décennie déjà, est en train de s’imposer largement chez les constructeurs du milieu de plateau. Mais ici, on affine le tri car le Skoda Enyaq Coupé iV fait partie des rares vrais SUV Coupés 100% électrique. Et, évidemment, VAG s’est lotit des Audi e-Tron Sportback, Audi Q4 Sportback e-Tron et Volkswagen ID.5. Ne restait plus que le ë-C4 (oui, on le compte), le Volvo C40 et le Ford Mustang Mach-e. Alors, bien sûr, SUV Coupé rime avec « Sport ». Donc, la firme tchèque s’est empressée de dévoiler une version RS. Mais les attributs supplémentaires de cette « finition » sont-ils suffisants pour que ce véhicule mérite telle appellation historique ?

Un look « à la cool », qui n’a de RS que la couleur…

Question design, on a clairement affaire à un SUV Coupé. La malle ne se dessine pas aussi clairement que sur un Renault Arkana, tellement tout se fait en rondeurs. L’arche de toit, directement inspirée du Xsara Picasso, alourdit l’arrière. Ce n’est malheureusement pas le petit déflecteur d’air qui donnera plus de caractère à cet Enyaq Coupé iV. Du coup, tout a été pensé pour renforcer un esprit de dynamisme partout où on pose le regard. La couleur Mamba Green, spécifique à la RS, accentue tout cela. A l’avant, le pare-choc accueille de belles écopes de part et d’autre, qui élargissent l’ensemble visuellement. La calandre transparente, laissant apparaître un éclairage LED ainsi que l’extension de la signature lumineuse (de série sur la RS), est clairement un élément de personnalité. Pas sûr que l’effet sportif soit au rendez-vous grâce à cela.

En plus d’une face avant sérieuse, nous retrouvons des jantes au grand diamètre. Démarrant à 19 pouces sur la version de base (attention au prix des pneus), la finition RS bénéficiera d’une taille au-dessus de série, et grimpera à 21 pouces en option. On peut remarquer un certain travail de recherche sur l’esthétique, mais ce n’est pas cela qui fait de la Enyaq Coupé IV un SUV sportif, au contraire. L’arrière, quant à lui, divisera. Le conformisme est de mise : aucun bandeau reliant les optiques n’existe. Miracle ? Plutôt une volonté de Skoda. L’ensemble présente plutôt bien et à l’avantage d’être à fond dans le cohérent. Si je devais donner mon avis, je dirais que c’est malheureusement le style d’une GT plutôt que d’une RS. Un Kamiq, par exemple, est plus explicite dans ce rôle à mon sens.

Un intérieur épuré et assombri : pas de doute, une sportive électrique !

On dirait que le plus important, dans une voiture électrique, c’est que le conducteur se sente différent. Honnêtement, la conduite en sans-thermique appelle à la zen-attitude, et il est donc logique de faire de l’habitacle, un espace cocooning. Du coup, il est très difficile de donner du relief sportif à ce type de mobilier interne au véhicule. Et ajouter du rouge partout, c’est so 2021 ! Skoda a donc assombri l’intérieur de son Enyaq Coupé iV RS, avec un ciel de toit tout noir et le remplacement des garnitures de planches de bord beige. On rentre dans le thème du dynamisme, mais est-ce suffisant pour parler de sportive ?

Les grands gabarits ne devraient pas être si gênés par la chute du pavillon, mais seront aussi à l’aise que dans le grand-frère Enyaq iV. En effet, il y a pire, mais il y a mieux. Avec un seuil pas si bas mais exploitable, le coffre reste tout de même logeable avec ses 570 litres de volume (soit une perte de 15 litres seulement). Skoda ne pouvait pas pour autant bâcler son ADN, à savoir les aspects pratiques. Toutefois dommage que sur une si belle base de 4,65 mètres, les sièges ne se rabattent pas pour faire un plancher plat. Après tout, il existe toujours l’Octavia Combi !

Des motorisations peu avares en puissance

Skoda propose trois motorisations sur son nouveau SUV Coupé électrique Enyaq Coupé iV RS. Exit la version 50 de 148 chevaux (batterie de 51 kWh) du Enyaq classique, le nouveau-né passe directement à la 60. Une simple-motorisation sur l’essieu arrière développant déjà 179 chevaux et 310 Nm de couple, étant la plus vendue actuellement sur le premier véhicule 100% électrique tchèque. Sa batterie de 58 kWh pouvant se montrer insuffisante à l’usage familial, Skoda a lancé également une version gonflée à 77 kWh. L’autonomie grimperait donc à 545 km, si et seulement si vous optez pour la version 80 et ses 204 chevaux et toujours 310 Nm.

Le point positif de la finition RS, c’est qu’elle est couplée à une double-motorisation électrique. La puissance culmine alors à 300 chevaux et, grâce au couple de 460 Nm, le 0 à 100 km/h est effectué en 6,5 secondes. Un score honorable qui tombe plus ou moins dans la moyenne de la concurrence. Mais si la RS est trop voyante pour vous, la 80X avec 265 chevaux vous procurera autant de sensations. Le seul risque est de devoir payer moins cher, mais de devoir vous contenter d’une vitesse maximale de 160 km/h à la place des 180 km/h de la RS, et d’un châssis moins affuté également (1,5 centimètre plus haute en suspensions).

Un vrai challenger pour le Skoda Enyaq Coupé iV RS ? Il est américain.

Tout semblait si rose, jusqu’à ce qu’on se rende compte que le Ford Mustang Mach-e est un redoutable concurrent. Nous n’avons pas encore les tarifs du Skoda, mais il se peut que le Enyaq Coupé iV RS dépasse les 60 000 €. En comparaison, l’américain coûte moins de 57 500 €, reste à voir les équipements proposés. Mais pour ce prix, Ford n’est pas avare. L’unité électrique développe 294 chevaux et propose une autonomie WLTP de 610 kilomètres, grâce à sa plus grande batterie. Son 0 à 100 km/h s’effectuerait en 6 secondes seulement.

Le Skoda garderait pour lui une recharge plus rapide : il ne lui faut que 29 minutes pour passer de 10% à 80% sur une borne publique. Chez Ford, comptez tout de même 45 minutes ; c’est là qu’on paie le prix des batteries plus grandes. Enfin, le Mustang Mach-e, dans cette version, n’est qu’une simple propulsion. Gage de sécurité, les 4 roues motrices du Skoda seront appréciées. C’est aussi possible chez Ford, mais c’est plus cher ! C’est ça aussi, l’appellation Mustang !

Le Skoda Enyaq Coupé iV RS fait-il tâche parmi la famille Skoda RS ?

Signifiant « Rally Sport » pour la plus allemande des marques tchèques, l’histoire du sigle RS a débuté en 1974 chez Skoda. Ce n’est que dans les années 2000 que l’Octavia a hérité du badge. Ce n’était plus une voiture de rallye, mais l’ADN de la marque en a fait une berline connue pour ses performances et son rapport qualité/prix indéniable. Les modèles ont évolués, toujours en restant connus pour être de bombes d’efficacités (les dernières Octavia Combi RS étaient de vraies sleepers !) à des prix raisonnables.

L’arrivée du Skoda Kodiaq RS, en 2018, a chamboulé la gamme. Un prix de plus de 50 000 € dans un SUV « sportif » diesel, qui reste le SUV 7 places le plus rapide du Nürburgring, fallait oser ! Du coup, l’an dernier, le prix est passé à 60 000 € pour l’unique version essence. Enfin, l’Octavia dernière génération a étrenné l’hybride sous l’appellation RS. Donc, oui, l’histoire évolue. Mais n’utilise-t-on pas ce badge à trop bon escient, sans pour autant respecter les traditions ? Skoda RS, Ford Mustang, le même combat…

Source
skoda-storyboard.com
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Etienne Deketele-Kestens

De la Smart à la Bentayga, je peux dire que je suis complètement obsédé par le monde automobile. Intégrer l'équipe de PDLV et pourvoir donner ma vision des nouveautés chaque jour est quelque chose de génial pour moi. Ma "carrière" de blogueur a débuté il y a quelques années, et ceci, cumulé à mes études en mécanique auto, me permettront de vous proposer un contenu de qualité, tout en gardant le côté décalé cher à PDLV. Je roule en Peugeot 308 SW BlueHDI 130 finition GT Pack.

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