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Toyota C+pod : la mobilité de demain sera-t-elle ennuyante ?

C’est indéniable : l’automobile devient ennuyante. Les voitures prennent du poids, s’aseptisent et se standardisent. Heureusement, certains constructeurs entretiennent la flamme et tentent de freiner la transition de la voiture… vers l’objet de mobilité. Toutefois, en tant que média automobile, nous ne pouvons pas ignorer ces modifications dans l’espace automobile hexagonal. Aujourd’hui, je vous propose de partir à la découverte de la Toyota C+pod. Ne cherchez pas de passion, ce véhicule a pour principal intérêt de vous emmener d’un point A à un point B. Néanmoins, il demeure assez intéressant de conception puisqu’il entre directement en concurrence avec la Citroën Ami. Revue de cette Toyota C+pod aussi singulière que tristement avant-gardiste.

De voiture à objet de mobilité

Sans surprise, c’est sur le marché japonais que la Toyota C+pod va s’implanter. Dans un premier temps, du moins. En 2019, au Salon de Tokyo, Toyota présentait un concept-car : l’Ultra-compact BEV. Il préfigure quasi intégralement ce qu’est le nouveau C+pod. Au Japon, les Kei Car sont très prisées. Il s’agit de petites voitures répondant à un cahier des charges strictes : une longueur maximale de 3,40 mètres, une largeur et une hauteur qui ne doivent pas excéder respectivement 1,48 et 2,00 mètres. Le moteur doit aussi avoir une cylindrée allant jusqu’à 660 cm3. C’est pour cette raison que plusieurs véhicules, comme le dernier Suzuki Jimny, ont une taille légèrement réduite au Japon afin d’entrer dans la case « Kei Car » qui apporte de sérieux avantages fiscaux. Sans surprise, la Toyota C+pod entre pleinement dans cette catégorie ! Elle demeure bien en-dessous de ces standards, en termes de dimensions.

Profil Toyota C+pod

Le rapport à l’automobile a profondément changé ces dernières années. Si on ne s’arrête pas au domaine du visible (designs plus agressifs, moteurs plus efficients, énergies électriques…), on se rend compte que la propriété du véhicule personnel n’est plus un impératif pour beaucoup. Le leasing touche une partie grandissante de la population, aussi bien du côté des professionnels que des particuliers. Selon l’ASF (Association française des Sociétés Financières), plus de 75% des voitures vendues sont en leasing. De même, la question des ZFE (zones à faible émissions) et la vignette Crit’Air, tout comme la future interdiction de vente des véhicules thermiques, laisse présager que l’utilisation de la voiture personnelle va encore grandement évoluer. En tant que passionné, il est toujours assez déprimant, voire révoltant, de voir cela. Ces évolutions sociétales poussent les constructeurs à offrir des produits adaptés. Pourquoi se priver d’un marché florissant ?

La Toyota C+pod en quelques chiffres

Longue de 2,49 mètres et large de 1,29, la Toyota C+pod surprend par sa compacité. Le design découle avant tout de contraintes fonctionnelles. Ainsi, on retrouve une structure cubique, des lignes simples mais sans pour autant renier quelques coquetteries. La grande calandre arbore quelques ouvertures et un filet qui s’étend sur les ailes. Les longs phares, étirés, donnent l’impression d’une largeur supérieure tandis que l’on retrouve, entre les phares, la trappe pour brancher la voiture. Car oui, Toyota a, sans surprise, fait le choix de l’électrique. Ce sera d’ailleurs la première voiture 100% électrique de la marque puisque jusqu’à présent, c’est la technologie hybride qui prédominait.

À bord, on trouve seulement deux places, plutôt étroites de ce que l’on peut voir et une planche de bord bien dessinée. L’ensemble paraît assez lumineux. Par rapport à la Citroën Ami qui prône une certaine simplicité, la Toyota C+pod semble bien plus cossue. On trouve de série la climatisation, les sièges chauffants, des aides à la conduite et même une prise 12 V. Parmi ces aides, il y a la détection des piétons et des cyclistes et des dispositifs de pré-collision actifs. Tout cela va dans le bon sens pour un véhicule urbain où les rues sont souvent partagées entre différents moyens de locomotion, plus ou moins rapides. Et contrairement à l’Ami, le coffre est accessible depuis l’extérieur !

Pensée pour l’auto-partage

Plus haut dans l’article, je vous parlais de la voiture personnelle, qui est un modèle désuet pour certains automobilistes. La Toyota C+pod se destinera avant aux administrations, aux professionnels et aux collectivités. Cela incluera notamment les systèmes d’auto-partage. Pour simplifier l’utilisation au maximum, la recharge s’effectue par le biais d’une unique trappe, à l’avant. La batterie de 9,06 kWh, placée sous le plancher, s’appuie sur un moteur électrique arrière, fournissant une puissance de 9,2 kW, soit légèrement plus de 12 chevaux. Bien suffisant pour évoluer en ville d’autant que la vitesse de pointe est de 60 km/h seulement. L’autonomie, quant à elle, atteint 150 bornes en cycle WLTP, ce qui demeure le double de ce que propose la concurrence aux chevrons. La recherche peut s’effectuer sur une borne domestique ou des chargeurs rapides.

Tableau de bord Toyota C+pod

Fait amusant, la Toyota C+pod dispose d’une prise intérieure permettant de recharger votre smartphone ou d’alimenter tout autre périphérique. Légèrement plus longue qu’une Citroën Ami et moins large, la Toyota C+pod semble particulièrement intéressante. Elle répond aux attentes des urbains et parvient à offrir un compromis assez séduisant. Si l’on opère une conversion, on aboutit sur un prix de revient d’environ 13 000 €. Une somme bien supérieure à celle demandée à la Citroën Ami. Reste à voir ce que le constructeur nippon proposera comme mode de financement aux particuliers car pour ce type de véhicule, le marketing est vital.

La voiture de demain ?

Les multiples restrictions de circulation et l’amoindrissement des places de parking entrainera sans aucun doute un essor dans la vente de petites voitures électriques destinées à la ville. Le concept de voiture sans permis prend ici tout son sens puisque si elle venait à être importée en France, la Toyota C+pod pourrait sans difficulté se plier à cette législation spécifique. Les plateformes d’auto-partage pourraient y voir une solution idéale et peu coûteuse à l’entretien, pour leurs clients. C’est un fait : ce type de véhicule correspond déjà à une demande, bien présente, surtout dans les grandes villes. Demain, il y a fort à parier que la demande continuera d’exploser Par rapport à l’Ami de Citroën, la C+pod de Toyota pourra compter sur une meilleure autonomie et un design plus traditionnel.

Alors forcément, si on voit la Toyota C+pod avec son regard de passionné de voiture, on y verra qu’un énième pot de yaourt sans âme pour aller acheter des carottes à Biocoop. D’un point de vue plus rationnel, ce modèle revient à l’essence même du concept automobile : nous emmener d’un point A à un point B. Sans passion certes, mais ce n’est pas vraiment le but recherché ici. La vente aux particuliers débutera courant 2022. L’importation en Europe est envisagée mais pas confirmée pour le moment.

Source
Global.toyota
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Thomas Drouart

J'ai fondé PDLV à 13 ans, c'était il y a... Pas mal de temps déjà ! Ma passion pour l'automobile n'a fait que s'intensifier. Depuis, ce blog a prospéré et nous permet de vivre notre passion à 100%. Mon pêché mignon ? Les Fiat Panda 100HP, les Porsche 911 type G et les brochettes bœuf-fromage. Je m'intéresse à tout ce qui roule, même si mon allergie au diesel me rapproche bien souvent du pistolet vert.

1 commentaire

  1. Il y a quelques années Toyota avait sorti le concept i-road que l’on avait pu retrouver en autolib à Grenoble par exemple. A peu près similaire en dimensions mais avec des trains roulants bien plus amusants puisqu’il s’agissait d’un véhicule inclinable. Dommage que le concept n’ai pas été retenu…

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